dimanche 4 août 2013

Du calcaire de Vanuatu pour l’usine de nickel de Nouvelle-Calédonie





 La société Goro-Nickel, qui pilote, dans le Sud de l'île principale de la Nouvelle-Calédonie, la construction (désormais achevée) d'un projet métallurgique d'exploitation du nickel, a signé ces derniers jours un accord avec un collectif de chefs coutumiers du Nord de l’île principale de Vanuatu, portant sur la fourniture de calcaire nécessaire au processus de production, rapporte lundi la presse locale.
Le contrat a été signé en présence de responsables du projet minier de cette collectivité française voisine de Vanuatu (piloté par le géant minier brésilien Vale) et, côté local, par les chefs du village de Tanoliu (Nord de l’île de Vaté, où se trouve aussi la capitale Port-Vila), ainsi que des propriétaires coutumiers du site où se trouve le gisement de calcaire, non loin du site historique et culturel (classé par l’UNESCO au matrimoine mondial de l’humanité) de l’îlot Chapeau, où se trouvent les restes d’un grand chef coutumier de l’île, Roy Mata, selon les mêmes sources.
Ces derniers mois, d’autres sites, dont un sur le lieu-dit Vothal (près de Port Olry, côte Est de l’île d’Espiritu Santo) avaient été évoqués comme potentiellement intéressants pour remplacer le fournisseur actuel, aux Philippines.
Les quantités envisagées se situent aux environs de cent mille tonnes de calcaire par an.

En août 2011, Steven Kalsakau, alors ministre des terres, de la géologie et des mines de Vanuatu, avait une nouvelle fois évoqué la possibilité d’exporter du calcaire de son archipel vers la Nouvelle-Calédonie pour fournir les besoins de Goro-Nickel.
Quelques jours auparavant, le 25 juillet 2011, M. Kalsakau se trouvait en visite à Nouméa où il avait notamment rencontré Gilbert Tyuienon, vice-président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
En juillet 2011, lors de leur rencontre, les deux ministres avaient de fait relancé le dossier.
À l’issue de leur entretien, le gouvernement néo-calédonien avait alors explicitement évoqué les « problématiques communes aux deux archipels mais aussi ce qui les différencie et notamment les ressources minières. Si la Nouvelle-Calédonie (…) est bien une véritable anomalie géologique qui l’a fait riche de nickel et de chrome, le Vanuatu voisin ne possède en effet pas cette ressource, mais en revanche, il existe des possibilités d’exploitation de calcaire à destination de l’usine du Sud », souligne le communiqué qui précise que « dans cette perspective, la Nouvelle-Calédonie s’est dit prête à apporter son assistance et son expérience au service d’un pays voisin mais avec lequel nous possédons des liens forts d’amitiés liés à une véritable proximité culturelle ».
À l’époque, le ministre évoquait comme sites potentiels, outre ceux de Vothal et de Tanoliu, ceux situés sur les îles de Pentecôte et de Mallicolo (Nord).


Premiers entretiens en juin 2007

Dans ce dossier, les premiers pourparlers avaient eu lieu dès 2007.
Fin juin 2007, le Premier ministre de l'archipel de Vanuatu, à l’époque Ham Lini, avait rencontré les responsables locaux de la société Goro-Nickel.
Au cours de cette visite alors qualifiée de privée, le chef de l'exécutif vanuatuan, qui conduisait une petite délégation composée de membres de son cabinet, avait notamment visité le site de ce projet, qui prévoit une production annuelle d’au moins cinquante mille tonnes de nickel et de cinq mille tonnes de cobalt.
L’usine de Goro est achevée et devrait prochainement entrer en production.
Cette usine fonctionne sur le principe d'un traitement chimique par acide du minerai extrait.
Le calcaire, en aval du traitement acide, a pour utilité de désacidifier les rejets en les ramenant à un niveau acceptable de basicité.

Sources : Flash d’Océanie ( Edition du 30 Juillet 2013)
Naku press : Mise en ligne le 05 Juillet 2013