lundi 9 mars 2026

KANAKY / LA DERNIERE LIGNE DROITE POUR LE PREMIER TOUR DES ELECTIONS MUNICIPALES

Finies les tractations entre les organisations politiques , les associations , ou simplement le citoyen lambda qui s’intéresse un peu à la vie de sa commune ; 153 listes ont été déposées dans les délais. Le pays ne compte que 33 communes , mais la multiplicité des listes dans les communes témoigne d’une volonté forte des citoyens de participer à la gestion de leur commune. Nous sommes en politique , et toutes les opportunités sont retenues pour se frayer une place aux prochaines élections , et en l’occurrence ici il s’agit des  élections provinciales , donc chacun essaie de jauger  son poids électoral :  la donne indispensable dans les futures négociations pour les listes provinciales . Au-delà de ces calculs politiques politiciennes , la multiplicité des listes parfois portant la même étiquette, ou des têtes de listes issus d’une même tendance se retrouvant à tirer des listes différentes ( exemple de certaines communes dirigées par les indépendantistes ) peut être lue comme la conséquence d’une difficulté à faire taire les  points de vue divergents au sein des organisations politiques.  On va dire aussi que c’est le jeu de la petite démocratie locale  « localisée » , ou le fait de  se dire : on est entre nous . Mais dès qu’il s’agira de décider de l’avenir institutionnel du pays , les troupes se rabattront chacune derrière leurs couleurs !!! BBR pour la France et BRVJN pour Kanaky !!! et les  voix du milieu seront là pour faire l’équilibre et peut être aider enfin à trouver un consensus.

Dans les discours des uns et des autres ,  on notera  que certains restent très « proximité » et d’autres sans bavure, affichent les enjeux nationaux en confirmant leur position  sur l’accord de Bougival Elysée Oudinot ( BEO). Même si certaines listes n’affichent ou n’abordent pas directement le sujet , il va sans dire que certains points de leur programme  ouvre le débat sur les conséquences des émeutes de 2024  et ; bien évidemment  les arguments donnent automatiquement gain de cause au projet d’accord BEO .  Plus subtile comme méthode , mais lisible malgré tout .  En effet il y a juste  un fait à admettre  :   les évènements de 2024 ont marqué une grosse , grosse virgule , si ce n’est pas un point dans la vie du pays ( et ce à tous les niveaux) . Aucun discours sur l’avenir du pays , ne pourra occulter  cette date de «  mai 2024 » . Ce qui est désolant , c’est que les discours s’arrêteront toujours sur les  faits et leurs conséquences, mais il ya un adage  qui dit ceci : « il n’y a pas de fumée sans feu » . Qui a allumé le feu ?? Bref.

Il y a donc de très fortes chances que  ces municipales  constituent une sorte de référendum par rapport à l’accord BEO , en tous les cas elles vont donner une tendance de l’opinion ,sur le sujet , car cela reste malgré tout la   toile de fond de l’ensemble des discours .

Le FLNKS sera la seule organisation à afficher clairement son discours anti BEO , certes qu’il y a les problématiques de proximité , mais pour le Front tant que l’avenir du pays n’est pas réglé , on ne peut parler uniquement des problèmes de cours d’eau et de caniveaux ou de bus de quartier . 

L’UNI  l’autre organisation indépendantiste  affiche  clairement sa volonté de construire le pays avec tous les citoyens , cela reflète bien sa  position dans les négociations sur l’accord BEO . Un des ténors de la mouvance a soufflé un vent contraire, un peu tardivement alors que la pirogue de l’UNI a avancé avec sa signature sur le document .   Il serait donc intéressant de veiller à l’impact de cette prise de position dans les résultats des listes tirées par UNI . 

Le FLNKS lui affiche aussi des divergences internes, puisque dans certaines communes, on dénote plusieurs listes avec l’étiquette FLNKS. Quid des positions prises lors des congrès , mais l’humain parfois à du mal à se dépasser ,  et quand le curseur  vient chercher le niveau de la base , les contradictions liées aux quotidien des gens prennent le dessus au détriment de l’enjeux national . Ce qui peut aussi paraître logique dans le cadre de ces élections qualifiées de « élections de proximité ».

Du coup c’est la voix du peuple via le bulletin de vote, qui tranchera !!!

Quand on voit que de l’autre côté Paris continue à piloter , sans bavure , la procédure pour la validation de l’accord BEO , on peut se poser la question mais a-t-on vraiment le droit , de privilégier nos petites divergences ,  à la dimension de nos communes ?   Alors que ces élections à deux tours risquent fort d’amener de l’eau au moulin à l’Etat pour une interprétation objective de l’expression de l’opinion locale. On sera fixé d’ici déjà à l’issue de ce premier tour et au deuxième tour pour la cartographie définitive du pays .

Naku press retiendra le fait que les indépendantistes sont présents dans toutes les communes du pays . Cela dénote une certaine maturité politique , celle de dire qu’il faut maintenant  s’intéresser à ces centres de décision chargés de gérer le quotidien des populations.  Ce faisant , c’est marquer sa volonté de contribuer à l’élaboration et la progression des dossiers stratégiques pour le pays , et dont la commune constitue un partenaire  incontournable , justement du fait de sa proximité avec les populations locales.

Il n’y a rien de plus pertinent et subtil que la maitrise des données du terrain pour alimenter les réflexions menées au niveau national. Donc participer aux élections municipales , c’est participer à la construction de son pays .

ALORS LES 15 ET 22 MARS ALLONS TOUS VOTER !!!

 

 Naku press : publication du 09 mars 2026

dimanche 15 février 2026

LE FLNKS GARDE LE CAP ET CONTINUE A INFORMER SUR LES LIMITES DE L ACCORD DE BOUGIVAL -ELYSEE OUDINOT




Le FLNKS en tournée à Yaté  (Cp : Fb) .
 
LE FLNKS  ne démord pas , et ses militants continuent à battre le terrain pour informer les populations locales sur les risques de l'Accord Bougival , Elysee Oudinot , pour la poursuite du processus  de décolonisation du pays .  Des représentants du Front sont allés dans la région , pour continuer ce travail d'information  auprès des gouvernements mais aussi des instances sub régionales , avec également le réseau des ONG .  Sur le plan international , il continue à être présent dans les différents séminaires ayant une thématique se rapportant à la décolonisation des pays non autonomes.  
Sur le plan local : le terrain est à portée , et donc les tournées dans les régions se multiplient . En période de propagande pour les élections municipales , cela constitue une tribune supplémentaires pour les militants du Front .  Ce samedi 14 février , une mobilisation devant le haussariat a été décrété en écho d'un calendrier  qui débute à Paris pour la validation de l'accord .   
Le bémol  à indiquer malgré tout , c'est ce risque de division en interne du camp indépendantiste . Bien qu'elle soit motivée par des raisons d'ordre stratégique  si l'on en croit à certaines déclarations , il y a un risque d'utilisation de cette brèche pour faire aboutir cet accord , qui selon la lecture du Front , nous renvoie à presqu'au temps de l'indigénat .  Exagération dans les propos , ou un véritable manque de volonté de dialoguer , qui sait ? Ce qui est sur c'est que l'Accord de Bougival reconfirme bel et bien la présence de la France dans la gestion des affaires du pays , avec la grosse virgule démagogique bien amenée dans une des phrases , que nous avons relevé dans l'une des déclarations du premier ministre actuel : Lecornu :" ce sera une forme de décentralisation des responsabilités" . Mais où est donc passé  la notion de pleine souveraineté ou de la suite du processus de décolonisation. avec le transfert des compétences régaliennes qui, pour le coup signifie transfert de souveraineté 
Des jeux de sémantique , ou de tournures de phrases, les militants du Front préfèrent aller sur la traduction littérale du texte de l'accord de Bougival bien évidemment avec le filtre des positions politique défendues par le Front .
 
Naku press retiendra qu'il s'agit là d'un débat qui continue et que ces accords  en gestation dans les hautes sphères parisiennes , ne seront , comme tous les autres accords , des grosses virgules , dans  la marche du peuple kanak vers son auto détermination.    
 
Naku press : publication du 15 février 2026 
 

l' ECHO DE LA REGION / De Sydney à PNG en passant par les Salomons , Palau et les Iles Marshal

Pour changer un peu de format d’approche , Naku press vous propose en filigrane les quelques faits marquants  de la région , habillés d’une petite grille d’analyse pour  donner une dimension plus dynamique à cet écho hebdomadaire.

Depuis un certain temps la région est préoccupée par la problématique des trafiquants de stupéfiants. Combien de navires ont été interceptés dans les eaux internationales à proximité de la ZEE de certains pays  de la région pacifique. Le dernier en date c’est ce navire qui a été intercepté par la marine française en Polynésie française , avec une cargaison de cocaine . Une cargaison qui a été jetée à l’eau et le navire a du continuer sa route vers Sydney , sa destination .

 Et voilà que les références australiennes indiquent que le pays n’est pas compétent pour agir en justice contre ce navire intercepté dans les eaux internationales et que cela relèverait de la compétence du pays où est immatriculé le navire .

 Pendant le temps des lectures et interprétations des textes qui régissent les circulations maritimes dans les eaux internationales, combien de tonnes de cocaine sont déversées dans les eaux , et combien sont débarqués dans des endroits qui échappent aux moyens de contrôle des pays concernés. L’actualité de la Polynésie la semaine dernière et cette semaine celle de Sydney  invite à une plus grande vigilance des moyens de contrôle et surtout une bonne coordination  entre les différents centre .

 Viennent ensuite la question de la mutualisation et la modernisation des moyens : des renseignements recueillis auprès des populations locales  aux moyens modernes pilotés par l’IA il y a encore beaucoup à faire .

Autres actualités dans la région : celle de Bougainville avec la réouverture de la mine de Panguna : une des plus grandes mines de cuivre du monde. Elle a été l’une des raisons de la guerre civile qui a duré 10 ans avec plus de 15000 victimes . Rappelons en passant , que c’est cette guerre civile qui a été aussi les débuts de la revendication d’indépendance de Bougainville . Ainsi cette réouverture , 30 ans après sa fermeture , la mine de Panguna , marque encore  les esprits d’une frange de la population locale , qui réclame  plus de transparence dans la gouvernance de cet accord signé entre le gouvernement local et une compagnie minière indienne . Bien qu’elle soit consciente que l’exploitation de cette mine pourrait aider le gouvernement local à financer le projet d’indépendance du pays , la population appelle à la plus grande vigilance.

 

La bonne gouvernance a été une thématique phare dans les séminaires organisés dans la région , en effet la corruption , comme partout dans le monde fait aussi des siennes dans notre grande région , en particulier avec cette guerre d’influence dans la zone ,  engagée par les grandes puissances. Dans l’actualité de cette semaine , il sera question d’une grande personnalité politique de Palau qui s’est vue infliger une interdiction de voyager par les autorités américaines , pour raison de corruption , il aurait percu des pots de vin des entreprises chinoises.  Autre dossier où la corruption constitue un menace bien présente : c’est l’organisation des prochaines élections nationales au PNG . En effet après les élections de 2022 ; le gouvernement local ayant constaté des irrégularités dans le déroulement du scrutin , avait acté le principe d’une meilleure organisation en amont  avec la mise en place de certaines réformes intégrant des impératifs  tels le contrôle et des listes et leur mise à jour et la mise en place d’une commission pour suivre ces opérations . Pour l’heure rien n’a été fait . Ce laxisme a pour corollaire , le manque de confiance de la population aux institutions gouvernementales du pays , et donc il y a comme une réelle menace pour la démocratie.

Corruption , détournement  de fonds , des délits pas très éloignés quant aux mobiles animant les auteurs.  Un ancien maire de l’Ile de Bikini qui fut le premier site des essais nucléaires américains dans les années 1946, a été accusé d’avoir détourné les fonds destinés à la réinstallation des femmes sur l’Ile de Bikini.  Un fait qui réouvre une petite lucarne sur ces le cynisme d’Etat  d’une certaine époque , de la course aux armements.  C’était un mois de février 1947 que les 197 habitants de l’Ile à la sortie d’un culte , que le gouverneur américain des Iles Marshall , qu’ils doivent quitte l’Ile , pour le bien de l’humanité . Le chef de l’Ile reprend cette décision , en disant à son peuple  que leur destin est entre les mains de Dieu .    

Et enfin un investissement n’est jamais perdu , dans les pays ayant très peu de moyens pour assurer toutes les prérogatives pratiques au service de leur population . Les Iles Salomon dans le cadre de l’organisation des jeux du pacifique sud en 2023 , ont du bénéficier d’un certain nombre d’équipements dont des bus.  Après les jeux , ces bus sont restés immobilisés attendant quelques faits ponctuels dans le pays nécessitant de véhiculer du monde . Une utilisation non continue . C’est ainsi que le ministre d’infra de l’Ile a proposé au gouvernement local d’utiliser la flotte  au service du transport scolaire . Une décision qui a fait le bonheur des enfants qui pourront arriver  à l’heure à l’école , et celui des parents .

Accueillir des grands évènements , constitue aussi une occasion de doter le pays hôte de certains infras , qui pourront bénéficier au pays par la suite . Cela s’est vu dans beaucoup de pays , comme une réelle retombée de ces grands rassemblements que ce soit régionaux ou internationaux , mais c’est à la seule condition que ces infras soient utilisés à bon escient par la suite , s’inscrivant par exemple  dans la réalisation de certains programmes dictés par les politiques gouvernementales.

Ainsi s’achève notre petite analyse sur ces quelques faits marquants de la région .

Sources : ABC radio Australia

Naku press : publication du 15 février 2026

 

 


mardi 10 février 2026

DU BRUIT DANS LES CHAUMIERES !!!– LA CAMPAGNE POUR LES ELECTIONS MUNICIPALES EST LANCEE DANS LE PAYS …..

   Finies les fêtes de fin d’année, l’ombre de la rentrée scolaire se profile déjà à l’horizon. Mais avant que les cahiers et les cartables reviennent nous agresser à l’entrée des magasins, déjà des voix,  dans les médias, nous parlent plutôt d’autres choses :  les élections municipales , prévues pour les 15 et 22 mars.   Chacun essaie de trouver les bons mots pour appâter les habitants des quartiers populaires sur les sujets qui touchent leur quotidien.  Et les municipales de cette année vont surtout être une tribune aussi pour ceux qui convoitent déjà une place sur les listes des prochaines élections provinciales . Et l’épée Damoclès qui plane toujours au- dessus de la tête des calédoniens : l’avenir institutionnel du pays , va s’inviter automatiquement dans cette première campagne , qui par principe devrait concerner uniquement les dossiers de proximité : eau , électricité , infrastructures routières ,  les questions d’aménagement etc….

En effet , même si les communes relèvent encore de la compétence de l’Etat , on ne peut pas imaginer un orateur zappant la question de l’avenir institutionnel du pays , car les communes se trouvent dans un pays dont l’avenir statutaire , et donc sa relation avec l’Etat , est toujours en suspens .  D’ailleurs certaines formations politiques on enregistre des départs inattendus , , comme des échos venant de certaines communes où des logiques défendues par des ténors , sont presque modifiées ou lues autrement  dans les discussions pour la constitution des listes . 

La logique même du calendrier proposé par l’Etat pour l’adoption de l’accord de Bougival et Elysée -Oudinot , comme par hasard, semble intégrer cette première étape  des élections municipales comme un baromètre qui va donner le tendance  de la courbe de l’opinion calédonienne.  En politique tout est stratégie , et en l’occurrence il y a une donnée dont l’Etat a besoin d’avoir un écho :c’est la voix du peuple calédonien ,  qui ne cesse de dénoncer l’illégitimité des élus dans les hautes instances du pays ( congrés et provinces).  Et en Calédonie , la couleur politique des communes est très représentative de l’opinion locale suivant si nous sommes en zone urbaine ou rurale. 

Deux hypothèses peuvent donc se présenter : soit  l’électorat ne bouge pas , et on aura les mêmes configurations des conseils municipaux avec des majorités qui ne changeront pas , ou alors  l’impact des évènements de 2024 et  tout le brouhaha sans issue ( pour le moment ) sur l’avenir institutionnel du pays, vont bouger les lignes , et l’on aura des surprises !!!  Comme dirait l’autre , l’électorat est un marché qui reste malgré tout ,conditionné par des discours , des convictions , des lectures du monde ; et en Calédonie on a l’habitude de parler d’un monde binaire bien départagée entre deux grands courants d’idée, mais depuis 2024 ( des évènements qui sont venus enfoncer une situation déjà bien mal en point) on peut s’attendre à tout . Bien évidemment qu’il y a des formations politiques , qui ont saisi le créneau du centrisme pour faire leur marché , mais il y a aussi les opportunistes qui savent bien profiter des malheurs du peuple pour rogner dans les rangs des autres à coups d’aides sociales  accompagnées de beaux discours relevant de la politique spectacle .

Mais le contexte dans lequel le pays se trouve actuellement , a fini par former le grand  public à la politique , via les réseaux sociaux et là aussi , c’est un paramètre qui va jouer sur l’opinion  pour ces élections qui vont se succéder dans le pays .

C’était juste notre essai  sur  les préoccupations du moment  , au deuxième mois de l’année et à l’aube du premier rendez vous électoral .⧫

Naku press : publication du 10 février 2026