dimanche 25 septembre 2016

KANAKY : le 24 septembre 2016 fait écho du Nord au SUD !!!

Naku press vous propose quelques lignes sur les deux évènements qui ont animé ce week end du 24 septembre 2016. "Nous avec les  autres " et "d'abord nous tous  et après avec les autres". Bonne lecture sur notre page : l'ACTU de Naku press.  Avec ou sans préalable , combien sommes nous prêts à laisser sur le bord de la route , c'est la question que l'on se pose à l'écoute de certains discours !!! A chacun son idée...

Naku press : Mise en ligne le 25 septembre 2016

QUAND UNE VERITE DERANGE , tous les moyens sont bons pour la minimiser !!!

Il y a deux semaines de cela , "l'Avenir" le bulletin interne de l'Union Calédonienne a sorti un numéro spécial consacré aux finances   de la Nouvelle Calédonie. Surtout que l'objectif de ce numéro spécial c'est de démontrer que chiffres à l'appui, le pays a les moyens de son indépendance. C'est ce fil qui dérange et qui fait aboyer certains dans la classe politique locale. Certains diront que ce ne sont que des chiffres, et les chiffres on peut les tourner dans le sens que l'on veut, cela n'est pas significatif pour autant , du moins , pour la conclusion de l'Avenir : "Notre indépendance sera viable". D'autres diront que c'est un mélange de torchons et de serviettes, alors que dès l'instant où la Calédonie se détachera des transferts public de la France, le niveau de vie va baisser par rapport à ce que nous vivons actuellement ( avec un PIB par habitant  pour le moins plus élevé par rapport aux pays de la région). Et ces mêmes orateurs vont illustrer leur propos en donnant des statistiques sur les biens de consommation du type : frigidaire, machine à laver , non mais comme dirait les jeunes "Allo quoi ...". 
L'Avenir Calédonien  Edition Spéciale 08/2016 ( cp : NP)

L'Avenir n'a pas mâché ses mots , d'ailleurs son titre en dit long: " Notre indépendance sera  viable" et il enfonce les clous en affirmant que le pays finance déjà ses compétences à 80% et avec ses recettes propres. Ce sont des mots qui fâchent car il faut toujours affirmer le contraire pour faire comprendre que sans la France ce sera le chaos.

 L'hebdomadaire : l'ACTU .NC a repris les mots indépendance et viable pour en faire le titre de la une de son édition du Jeudi 15 septembre. Comme quoi que finalement certains étaient peut être surpris que les indépendantistes sortent de telles analyses. La roue de l'histoire  continue à tourner , et malheureusement ceux qui estiment détenir seuls la vérité sur les choses, se voient parfois dépasser. Dans le cas présent, il est normal que les indépendantistes,  après la doctrine nickel portés par certains pour la gestion de la ressource Nickel , il est enfin temps de dire aux calédoniens que le pays  dispose suffisamment de moyens pour garantir sa pleine souveraineté. Mais l'histoire nous a aussi enseigné que quand on est à court d'arguments , la peur restera la seule alliée, pour sauver sa crédibilité auprès de l'opinion publique. 
ACTU .NC : EDITION DU 15 SEPT 2016 ( CP : NP)

En longueur de journée, les langues délirent  que ce soit dans le milieu économique ou scientifiques pour affirmer que le pays est riche. Et à côté de cela on va dire que sans la France, le pays va sombrer dans la pauvreté . Il y a parfois des logiques comme celle là , difficiles  à comprendre ...  L'Avenir a surpris peut être ceux qui discutent sur l'avenir institutionnel du pays , sans trop y croire, on fait les choses pour la forme ....   Naku press salue le choix du sujet de ce numéro spécial, et espère que ce contenu ne restera pas là mais qu'il vienne irriguer les réflexions ou éclairer ceux qui continuent à croire aux discours de la peur. Comme par hasard ,cela pourrait faire écho aux propos de certains qui aiment bien utliser le mot "éclairer les calédoniens sur ce que ce sera demain au lendemain du référendum". 

Naku préss : Mise en ligne le 25 septembre 2016

dimanche 28 août 2016

AU FIL DE L EAU !!!

A deux ans de 2018, le mouvement nationaliste kanak continue à occuper l’actualité du pays. Le long combat sur les listes électorales continue à être le sujet politique du moment, ou encore comme le dit un des experts de l’ONU : c’est le chantier du moment. Les militants qui ont pris ce dossier en main n’arrêtent plus les va et vient avec les réunions au Haussariat, car quelque part c’est bien l’Etat français en final qui a les clés en main pour donner une perspective à ces revendications portées par le peuple Kanak. Certes qu’après les comités de signataires qui se sont tenus à Paris, tout le monde a compris, que les choses ont glissé et notamment dans la manière de gérer les prises de décisions : oui Paris très clairement est revenu sur la loi de la majorité pour faire passer le « Politiquement clos », le consensus qui a toujours animé les comités de signataires depuis est bien parti avec le vent ce jour là. Bref.
Cette semaine l’actualité sur le sujet des listes électorales est revenu au devant des médias avec la restitution officielle du rapport des experts de l’ONU, et le communiqué de presse du Groupe FLNKS et Nationalistes du congrès saluant le travail fourni, mais regrettant que tout a été fait pour que l’expertise ne porte que sur des aspects techniques. Le point positif retenu par le groupe, c’est que ce rapport permettra aux gens des Nations Unies de connaître la nature des difficultés de ce chantier de la constitution des listes pour le prochain référendum d’auto détermination.
Sur le terrain outre l’action des partis indépendantistes respectant leur planning d’activité, le FLNKS a finalement commencé ses tournées dernièrement une réunion à Lifou , avec le message phare : il faut aller voter en 2018 !! Lifou a décompté à peu près 3000 abstentionnistes lors des dernières élections provinciales.

Comme exprimé les experts de l’ONU, le combat pour l’inscription sur les listes électorales est un engagement permanent et à tous les niveaux : collectif pour parler de l’action des organisations politiques, mais aussi individuel  pour aller faire les démarches. Certes que des régulations sont à prévoir dans le mécanisme administratif, mais voter c’est d’abord un engagement individuel, de vouloir participer à la vie politique du pays, de vouloir exprimer une position.
Les comités de pilotage continuent le travail sur les différents thèmes  en prévision du prochain comité des signataires, prochainement ce sera une réunion sur la question de la citoyenneté. Des fiches de synthèse portant sur les thèmes abordés depuis, par le comité de pilotage, sont déjà plus ou moins validées, mais encore une fois, ces discussions ne sont pas des négociations. En tous les cas, la configuration de ces comités de pilotage pourraient laisser croire à cela, mais selon les propos du représentant de l’ETAT , ces discussions sont organisées dans l’objectif de relever les points de convergence et divergences entre les partis  , de manière à les soumettre au prochain comité des signataires.

Certaines composantes de la classe politique locale ont quitté ces réunions voyant cela comme la préparation d’un accord, alors que parmi eux hier avaient parlé ou du moins laisser entendre leur adhésion à un 3ème accord. Faire de la politique, c’est aussi savoir user de certaine opportunité pour conforter son public. Dans le cas présent on sait que nous sommes déjà en période de propagande pour les élections nationales : présidentielles et législatives, donc oui pour continuer à bénéficier d’une bonne écoute à Paris, il faudrait envoyer des messages forts aux candidats favoris. On se doute bien que participer à des réunions proposées par le gouvernement socialiste peut être considéré comme jouer la carte d’une expédition organisée par le parti socialiste en vue des prochaines élections. Réussir la décolonisation de la Calédonie ne peut être qu’un bon point pour les « socialos ». Politique politicienne oblige par les temps qui courent. Les indépendantistes eux suivent les réunions, avec ou sans des positions confirmées sur les thèmes, l’UC qui a déclaré ouvertement qu’elle ne signera avant son congrès, une réalité qui traduit une volonté d’aller jusqu’au bout de ce qui est proposé dans le cadre de la gestion politique de l’accord de Nouméa.

Dans le pays, les forces vives par le biais des syndicats relèvent les dossiers restés en suspens depuis : la question de l’emploi avec ses disparités dont les kanaks restent finalement les premiers victimes, et notamment ceux qui ont des formations de cadres. Oui effectivement c’est la partie la plus haute des catégories socio professionnelles où apparemment il y a encore des réticences, bien camouflées par le discours arguant l’étroitesse du marché de l’emploi.  Sur un plan purement social : la question du logement où là aussi les kanaks viennent remplir en gros pourcentage la liste de ceux qui ne remplissent pas les conditions pour pouvoir accéder à des logements. Oui on parle de crise dans le pays, il est peut être normal que les kanaks soient les premiers à être touchés !!!  Au niveau de l’école, le projet éducatif a été voté par le congrès mais l’UGPE relèvera quelques problèmes notamment sur la question de l’enseignement des langues kanak. On pourra dire que le projet éducatif propose un cadre , et au fil du temps des choses pourraient être améliorées, mais encore une fois, comme par hasard c’est sur un aspect qui touche les kanaks, que cela pose problème.

C’est peut être la logique des choses qui veut cela : à deux ans de 2018 tout doit être mis sur la table, car l’accord de Nouméa parle d’un nouveau contrat social, on est en droit de comprendre au moins que cela soit fait d’une manière équitable, or la réalité est tout autre. Des améliorations certes, mais le dur reste à faire. En effet ce n’est pas avec un avocat, et quelques 1500 cadres formés par le programme Cadre avenir que  les choses aient été  réglées pour autant.

Ce qu’il faut relever : le mouvement indépendantiste à deux ans de 2018 continue à faire entendre sa voix , en face les subtilités techniques et méthodologiques sont bien affinées, mais il y va de la capacité de chacun d’être à la hauteur des enjeux. Plus le temps passe, plus les contradictions élémentaires : dominant, dominés vont émerger de nouveau, certes sous différentes formes, mais dès lors que l’on parle de souveraineté c’est faire allusion malgré tout à une rupture.  On sait par ailleurs que la France a aussi des intérêts à défendre dans cette partie du monde, donc ce sont aussi des préoccupations qui transparaissent aux détours d’une méthode, ou d’une phrase … Le peuple kanak qui se bat pour sa dignité, continuera à sa façon d’affirmer sa volonté d’être reconnu comme il se doit dans son pays.

Pour terminer ce petit tour d’horizon, Naku press vous propose la lecture du dernier numéro spécial de l’Avenir, le journal d’information de l’ Union Calédonienne avec en titre : « NOTRE INDEPENDANCE SERA VIABLE », un décryptage des chiffres, qui vient franchement contredire certains propos utilisés dans le pays pour dénigrer le projet d’indépendance.  Une autre lecture des réalités financières de la relation entre Paris et la   calédonie !!!

 (retrouvez le numéro complet sur le site : http://www.fichier-pdf.fr/2016/08/23/avenir-spécial/

Naku press : Mise en ligne le 28 Août 2016

samedi 16 juillet 2016

FLASH INFO / le GFLM en réunion à Honiara n'a pas pu trancher sur la question de l'intégration du MLPO au sein du mouvement



Ni oui ni non , pour l'intégration des Papous au sein du groupe mélanésien...

Pas simple quand on a adopté comme principe de décision le consensus. En effet malgré le fait que 3 membres sont favorables à l'intégration du mouvement papou au sein du GFLM , la décision n'a pas pu être acté pour la simple raison que deux des membres : Fidji et PNG se sont prononcés contre cette intégration.  Le prétexte de modalités ou de critère a justifié le report de la décision à septembre prochain. 

Les discussions ont été houleuses, Fidji et PNG ont même menacé de quitter le GFLM.  Bendy WENDA un des portes paroles du MLPO ( Mouvement de libération de la Papouasie Occidentale , qui a assisté aux discussions a minimisé la teneur des discussions , accordant cela à des dissensions internes au sein du groupe, et que cela devrait pouvoir  s'éclaircir d'ici septembre prochain.

Bien évidemment que telle situation ne peut que satisfaire l'Indonésie qui perçoit là , l'effet de son influence au sein du GFLM, et annonce même qu'elle demandera le statut de membre de plein droit , et de ce fait , elle pourra participer au vote au sein du groupe mélanésien.  

Du classique , l'Indonésie affirme que le MLPO , n'est qu'un groupe minoritaire de séparatistes , qui n'a aucune légitimité. A elle seule de représenter les 11 Millions de mélanésiens vivant en Indonésie , dont 4 millions de Papous.

Les séparatistes Papou , eux demandent la révision du référendum de 1969 , qui a décidé du rattachement de la Papouasie à l'Indonésie, une  consultation qu'ils estiment avoir été truquée.

Naku press : Mise en ligne le 16 Juillet 2016  ( Sources : Radio Australie )

 

 



samedi 2 juillet 2016

La mort de Michel Rocard, l’homme qui voulait réinventer la gauche française

 Naku press salue la mémoire d'un homme qui a aussi traversé l'histoire politique du pays. Nous vous proposons un petit rétrospectif de son parcours politique , extrait d'une édition de rfi.fr.

La mort de Michel Rocard, l'homme qui voulait réinventer la gauche française http://www.rfi.fr/france/20160702-mort-michel-rocard-homme-voulu-reinventer-gauche-francaise-psu-socialiste-mitterrand

Naku press : Mise en ligne le 03 Juillet 2016 



mardi 21 juin 2016

FLASH INFO / Fidji à la présidence de l'AG de l'ONU , symbolique mais historique

Naku press vous propose l'extrait d'une édition spéciale de Flash d'Océanie de ce lundi 20 juin 2016 sur cet évènement , pour le moins symbolique mais qui donne bien une autre stature à Fidji.


Et pour cause : en effet, pour la première fois dans son histoire, non seulement Fidji, mais en fait un pays insulaire d’Océanie va présider la très prestigieuse Assemblée Générale des Nations-Unis, une assemblée qui débutera mi-septembre prochain à New York, comme tous les ans.
Le vote a eu lieu la semaine dernière, donc et c’est l’ambassadeur fidjien Peter Thomson, représentant permanent de son pays à l’ONU, qui a remporté cette élection, à quelques voix près, devant son seul autre concurrent, un Cypriote.

Dans toute la région, les experts ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et ils ont été très rapides à réagir : comme la Communauté du Pacifique, la CPS, qui parle de « grande première » et de « moment historique pour l’Océanie sur la scène internationale», tout en félicitant l’heureux élu.
Pour la CPS, en effet, cette élection pour la première fois d’un représentant de Fidji et d’Océanie, c’est « un signe de reconnaissance de la contribution apportée par les petits États insulaires en développement à la grande famille des Nations Unies ».
Un signe aussi que Fidji sera au moins dans les douze mois à venir le vrai porte-parole de toute cette région, notamment sur le dossier des changements climatiques.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lui aussi y est allé de son message en parlant de moment charnière dans l’histoire de la région Pacifique.

Le poste est largement symbolique, mais il donne aussi une tout autre stature à Fidji.

Car pendant cette assemblée générale, en septembre, il y aura à l’ordre du jour de l’ONU des questions de haute importance, comme par exemple une autre élection, et pas des moindres : l’élection du prochain ou de la prochaine secrétaire générale de l’ONU.

Ça tombe bien, on en parlait la semaine dernière, le Premier ministre néo-zélandais, John Key, se trouvait en visite à Fidji.

Et parmi les dossiers abordés, il y en a eu un, quoique discrètement : une demande de soutien de Fidji à la candidate officielle de la Nouvelle-Zélande, l’ancienne Première ministre Helen Clark.
Elle veut devenir la première femme secrétaire générale de l’ONU, pour succéder à Ban Ki-moon.
Étant donné le rôle clé de Fidji sur la scène régionale insulaire, il était normal que Wellington demande désormais un petit coup de pouce de la part d’un voisin océanien qui, il est vrai, il n’y a pas si longtemps, était montré du doigt par le gouvernement néo-zélandais.
Un gouvernement dirigé à l’époque par une certaine Helen Clark.

Ironie de l’histoire.
Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas trop si l’ex putschiste devenu Premier ministre légitimement élu, Franck Bainimarama, qui a la dent dure, ne s’est pas trop pressé pour assurer Wellington du soutien de son pays.

Pendant ce temps-là, du côté de Paris, on a aussi parlé d’Océanie et de l’autre gros État insulaire de cette région : la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Puisque c’est le Premier ministre papou, Peter O’Neill, qui était reçu jeudi dernier en grande pompe non pas par son homologue, mais carrément par le Président français, François Hollande.

Pourquoi ce tapis rouge ? Parce que Paris veut célébrer ce qu’il appelle des relations en plein "essor", des relations qui reposent surtout sur l’économie.
Puisque ce n’est un secret pour personne : il y a en Papouasie-Nouvelle-Guinée d’énormes gisements de gaz naturel liquéfié, et que justement, le dernier projet, tout aussi énorme, d’exploration et d’exploitation, il est mené par une entreprise française, TOTAL.
Dans ces conditions, forcément, la Papouasie-Nouvelle-Guinée est désormais une grande amie de la France, pour cause d’intérêts économiques.
Pour preuve : cette rencontre et cet entretien entre François Hollande et Peter O'Neill, c’est aussi une première.
La première fois qu’un Président français recevait un chef de gouvernement papou.
Avec aussi en filigrane d’autres dossiers abordés, des dossiers moins consensuels, comme par exemple la situation des droits humains dans ce pays, situation qui est loin d’être brillante.



Sources : Flash d'Océanie ( Edition du 20 juin 2016)

Naku press : mise en ligne le 21 juin 2016

mercredi 15 juin 2016

Idée de lecture : Avant-garde et pouvoir populaire



Naku press vous propose ci-après l'intégralité d'une déclaration de : Robert SAE : parfois la réalité nous oblige à réviser certains fondamentaux, tout en ne perdant pas de vue le contexte dans lequel nous inscrivons nos actions. Une lecture , qui laisse à ceux qui connaissent Robert SAE , de considérer l'évolution dans les idées, mais toujours fidèle à un objectif : la défense de l'intérêt général.  Bonne lecture.

Idéologie, lutte des classes et vieilleries 

Nous sommes de ceux qui  ont  proclamé  que :   « Sans avant-garde révolutionnaire, la Révolution ne peut être victorieuse ! », que  « Sans Parti d’avant-garde, les masses populaires ne peuvent mettre fin à l’hégémonie des classes dominantes ! ».  Aujourd’hui, il est de bon ton de considérer que  cette vision est complètement  dépassée. Ce sont  la « société civile »  et les « citoyens » qui doivent prendre la barre, ces derniers  prenant bien  garde qu’aucun parti politique ne vienne « récupérer » leurs mobilisations. Seuls des nostalgiques invétérés, dit-on, peuvent encore s’accrocher à des vieilleries telles que l’idéologie, la lutte des classes, le communisme ou le « parti d’avant-garde ».

Laissons donc le passé reposer en paix et interrogeons  le présent. Voila ce qu’il nous dit :

L’infime minorité d’individus  qui se retrouvent à la tête des banques et des  multinationales constitue bien une classe de super-privilégiés qui, pour maximiser ses profits,  exploite sans merci les travailleurs et  jette la majorité des populations dans la misère.
Les gouvernements à la tête des pays où règne « l’économie de marché » ne se cachent plus pour saccager les services publics, criminaliser et réprimer les mouvements syndicaux et populaires, organiser la société et l’économie au bénéfice des classes dominantes qu’ils représentent.
Au plan mondial, il existe bien une offensive de recolonisation menée par les impérialistes occidentaux qui se traduit par l’accaparement des terres dans les pays dominés, par le renforcement de la tutelle de leurs institutions et administrations sur ces mêmes pays au plan judiciaire, économique et financier, par le déchainement d’agressions militaires bafouant le droit international.
Dans les médias, se relaient sans discontinuer, économistes, « philosophes», ministres  et autres propagandistes pour nous marteler que « le privé est plus dynamique que le public », que c’est « l’entreprise- sous entendu les capitalistes- qui crée l’emploi et les richesses », que l’on doit « faire des sacrifices » pour « gagner en compétitivité » ou pour « résorber les déficits budgétaires », etc.
Ainsi donc, les « vieilleries » de la lutte des classes et la prégnance de l’idéologie bourgeoise sont  terriblement actuelles.

Quelle armée pourrait gagner une guerre sans Etat Major ?

Il faut bien reconnaître que les classes dominantes ont marqué des points très importants dans la guerre idéologique qu’elles mènent pour asservir les peuples.
Elles sont parvenues à convaincre l’opinion que « le temps des idéologies était révolu » alors même que la leur s’impose massivement.
Elles ont persuadé leurs « sujets » qu’ils disposent d’une citoyenneté mythique qui doit être préservée par un individualisme exacerbé.
Alors,   des « citoyens » chantent les louanges de la « République qui garantit des droits égaux à tous ses enfants »  et  de la « démocratie » qui leur autorise la « liberté d’expression » sur les réseaux sociaux.  Pendant ce temps, ceux qui détiennent les rênes continuent à sévir.
– les décrets se suivent et les ministères imposent leurs « réformes ». Les  artisans, les agriculteurs, les retraités, les chômeurs, les usagers,  les  fonctionnaires, bref,  les couches populaires dominées   ne disposent d’aucun pouvoir pour s’y opposer!
– Les Conseils d’administration des grandes firmes décident de licencier à tour de bras, de délocaliser ou de précariser les emplois. Le peu de pouvoir de protection dont les salariés disposaient, à travers les Conventions Collectives, leur a été manifestement  repris.
L’interprétation démagogique qui est propagée quant à la citoyenneté a pour but de  permettre aux classes dominantes de manipuler les mouvements sociaux afin qu’ils ne remettent pas en cause le système. Un exemple  édifiant mérite d’être cité.  La révolution de 2011 en Egypte a été dévoyée parce que des «citoyens »  avaient appelé l’armée à leur secours –une armée qui sévissait sous l’ancien régime – permettant  l’arrivée au pouvoir d’une dictature qui maintient le système d’exploitation et la collusion avec les impérialistes.
La propagande menée pour que les « citoyens » rejettent les partis politiques et la lutte idéologique a pour but essentiel de désarmer les classes opprimées. Ceux-là même qui la mènent ont leurs propres partis, bien structurés, disposant de la puissance financière et de la dictature  des médias,  imposant leur main mise sur les processus électoraux et sur toutes les institutions garantissant un pouvoir effectif dans toutes les sphères de la société.
Alors oui, nous réaffirmons notre conviction que « Sans avant-garde révolutionnaire, la Révolution ne peut être victorieuse ! », que  « Sans Parti d’avant-garde, les masses populaires ne peuvent mettre fin à l’hégémonie des classes dominantes ! »  Quelle armée pourrait gagner une guerre sans état major ?

L’histoire tumultueuse des avant-gardes

Après la révolution Bolchevique de 1917, les  partis communistes ont incarné l’espoir des travailleurs sur tous les continents. Dans les années 60-70, la majorité des mouvements populaires brandissaient comme bannière l’idéologie prolétarienne et  l’anti-impérialistes et ils affirmaient  la nécessité impérieuse de « l’avant-garde révolutionnaire ». Dans les syndicats, dans les universités, de vifs affrontements   opposaient des groupes se considérant, chacun, comme l’Avant-garde.
Aujourd’hui,  de larges fractions des mouvements populaires  expriment  leur rejet de la politique et se dressent contre toute  « récupération » par un parti politique ? Comment expliquer ce profond retournement ?
L’un des facteurs de la désaffection réside dans l’évolution de nombreux partis ayant incarné l’espoir des couches populaires. Secoués par des crises et des scissions à répétition, ne parvenant pas à menacer le système,   beaucoup de ceux-ci ont disparu. D’autres, arrivés au pouvoir n’ont pas porté les changements attendus, parce qu’ils ont été en permanence la cible de la contre-révolution  ou parce qu’ils ont carrément trahi les  idéaux pour lesquels les militants s’étaient battus.
Autre facteur déterminant  à prendre en compte : Après la chute du mur de Berlin en 1989, un « monde unipolaire » permettant  aux impérialistes occidentaux  d’élargir le champ de leur domination  s’est imposé au plan international.  Cela, à l’heure de la révolution des technologies de l’information et de la communication ! La propagande devenait, elle aussi, unipolaire, la manipulation et la désinformation de masse ont ainsi  pu avoir les effets que l’on sait.
Les  problèmes connus par les partis politiques communistes et révolutionnaires   ont été présentés  à travers le prisme déformant de la guerre idéologique.  Pour contrecarrer  les effets de cette propagande,  il faut expliquer que les avatars connus par ces partis  ne sont pas intrinsèquement liés  à l’idéologie sur laquelle se basait leur action.  Ce qui vaut pour toutes les institutions humaines vaut aussi pour  eux. L’inquisition, les croisades, les guerres de religion,  la terreur instituée par certains gouvernements révolutionnaires français, pour ne citer que ces exemples, sont-elles inscrites au passif de la foi chrétienne ou de l’idéal républicain ?
Comme toutes les institutions, les partis révolutionnaires regroupent des personnes  dont les ressorts et les travers sont ceux de la nature humaine, des individus dont les intentions et les parcours sont différents. Comme tous les partis politiques, sans exception, les partis révolutionnaires  sont  le lieu de luttes d’influence, de lignes et de conception. Certains de leurs membres ne sont mus que par l’ambition d’accéder au pouvoir. (*)
Quelle aberration ! Les classes dominantes sont parvenues à  inculquer une aversion extraordinaire à l’égard  des premiers partis politiques ayant organisé la lutte des démunis pour obtenir des conditions de vie dignes, la solidarité internationale avec les brigades révolutionnaires et les chantiers de reconstruction, la fraternité antiraciste.  Les militants communistes se sont sacrifiés massivement dans la résistance armée contre les dictatures fascistes et les agressions coloniales et, aujourd’hui, ceux qui sont arborés comme flambeaux  de la « démocratie», ce sont les héritiers des gouvernements et partis politiques bourgeois qui ont perpétrés des massacres de milliers de travailleurs, de femmes et d’enfants dans les possessions coloniales ainsi que   dans leur propre pays. L’une des taches qui s’impose à nous, c’est de restituer la véritable histoire des peuples.
Il est clair que ceux qui  cachent ou dénaturent l’histoire des partis politiques révolutionnaires, ceux qui érigent des barrières entre de tels partis et les mouvements populaires, que ceux-là, donc,  servent objectivement les intérêts des classes dominantes. Quant à ceux qui, en toute connaissance de cause, entreprennent de torpiller les partis politiques révolutionnaires pour développer des pratiques de collaboration de classe, ce ne sont pas simplement des opportunistes mais bien des  contre-révolutionnaires patentés.
Il est, en tout cas, essentiel que les peuples se dotent d’avant-gardes dignes de ce nom pour qu’ils soient en mesure de renverser la domination, de mettre fin à l’exploitation, afin qu’ils puissent se défendre contre la subversion et la contre révolution et qu’ils puissent ainsi se consacrer à la construction d’un monde meilleur, équitable et solidaire.
(*)  Concernant les anciens Partis Communistes,  il faut déplorer les conséquences  tragiques de la centralisation et  de la militarisation qu’imposaient les conditions de l’époque. Mais il faut aussi rappeler que des provocateurs  ont été  systématiquement  infiltrés dans leurs rangs pour les torpiller de l’intérieur.

Avant-garde et mouvement de masse

Quels critères permettent de considérer qu’un  Parti politique est effectivement  porteur des intérêts des couches populaires ? Dans quelles conditions peut-on le qualifier d’avant-garde ?  Quel type de liens l’avant-garde doit-elle entretenir avec les mouvements et organisations de masse ? Quelles mutations les partis révolutionnaires doivent-ils opérer  pour être en phase avec les exigences de la société moderne ?

Disons le tout net, la dénomination d’un parti, les déclarations qu’il peut faire, les statuts qu’il affiche, bien moins encore, l’auto-proclamation, ne confèrent absolument pas un quelconque statut d’avant-garde révolutionnaire.  Combien, nageant dans l’illusion, se posent en détenteurs des vérités définitives, en juges, en donneurs de leçon mais  n’exercent aucune influence notable sur l’opinion ni  n’impulsent aucune force significative pour le combat ? Plus paradoxal encore, certains partis contrôlent des organisations  de masse – syndicats ou autres – revendiquent la qualité de représentants exclusifs des  travailleurs et travailleuses, mais, loin d’être des avant-gardes, ils sont les meilleurs remparts du système dominant. Cultivant un sectarisme forcené, ils font obstacle à la large unité dont les travailleurs ont besoin ; Ils tiennent  un  langage ultra-radical sur la question du pouvoir, mais s’accommodent parfaitement du statut quo et des mandats dans les instances paritaires.

Le parti qui peut être assimilé à une avant-garde,
– c’est celui qui est capable d’analyser scientifiquement  la situation et le rapport des forces, de synthétiser les attentes des masses afin d’élaborer des stratégies permettant  d’affronter victorieusement le système dominant et de proposer des alternatives correspondants aux intérêts du peuple.
– c’est celui dont les militants, empreints d’humanisme, d’humilité et d’esprit de dévouement, portent leur contribution sur le terrain  à la formation et à l’organisation des masses afin que celles-ci assument le processus révolutionnaire.
– c’est celui qui a compris qu’il ne s’agit pas d’imposer ses vues mais qu’il a pour mission de transmettre les compétences, de vulgariser les connaissances et les idées justes à travers un  débat constructif, une lutte idéologique saine et ouverte au sein du mouvement populaire.
Au sujet de la question du parti en pays colonisé, Frantz FANON*, encore une fois précurseur, écrivait ceci :
« Dans un pays sous-développé, le parti doit être organisé de telle sorte qu’il ne se contente pas d’avoir des contacts avec les masses. Le parti doit être l’expression directe des masses. Le parti n’est pas une administration chargée de transmettre les ordres du gouvernement. Il est le porte-parole énergique et le défenseur incorruptible des masses. Pour parvenir à cette conception du parti, il faut avant toute chose se débarrasser de l’idée très occidentale, très bourgeoise donc très méprisante que les masses sont incapables de se diriger. »
A notre sens, cela vaut pour tous les partis révolutionnaires.
Une chose est sure, en tout cas, c’est qu’aucune avant-garde ne saurait se construire sans  tirer les leçons de l’histoire du mouvement révolutionnaire et sans prendre en compte les mutations technologiques et sociologique qui ont façonné le monde moderne.
(*) Frantz Fanon  « Les damnés de la terre »

Pour construire un monde nouveau, le pouvoir doit être réellement entre les mains du peuple

Nous ne sommes plus à l’époque où le savoir pouvait être  confisqué par une élite principalement issue des classes dominantes. Nous ne sommes plus dans le contexte où la circulation des populations pouvait être limitée. Nous sommes à l’ère du Smartphone et de Facebook!  Comment imaginer qu’un parti politique puisse encore prétendre élaborer des directives dans son bureau pour ensuite, demander aux masses de les appliquer ?
Les partis représentant les classes dominantes l’ont bien compris et ont adapté leur tactique de domination aux nouvelles réalités. Ils avancent à visage masqué. Encensant les  « mouvements citoyens », ils y délèguent leurs chevaux de Troyes, dont la mission est de faire l’apologie de  l’apolitisme tout en répandant leur propre idéologie, en particulier  l’individualisme et le libéralisme,  et en proposant des objectifs qui conviennent au système dominant.
S’il faut, ici, réaffirmer le principe de l’autonomie du mouvement de masse et des organisations citoyennes, il faut répéter que l’apolitisme ne peut avoir pour résultat que de stériliser leur action. Le rôle des partis politiques qui ont choisi le camp du peuple est, d’une part, de proposer des analyses circonstanciées pour enrichir la réflexion des militants, en toute transparence, sans jamais chercher à les instrumentaliser et, d’autre part, de faire en sorte que ses membres s’impliquent loyalement et avec conséquence dans le mouvement concerné.
Mais au-delà des relations entre les partis et les organisations populaires se pose une problématique plus fondamentale : C’est celle du rôle qui revient aux masses dans l’exercice du pouvoir.
Pendant des siècles, l’idéologie bourgeoise occidentale a cultivé le mépris des couches populaires et le racisme  à l’égard des peuples colonisés. Les élites ont été formatées  pour penser que d’elles seules pouvaient venir les solutions à tous les problèmes.
Aujourd’hui, face à tous les dérèglements qui affectent la planète,   les plus grands experts sont contraints de reconnaître la validité des savoirs populaires  dans tous les domaines (agriculture, pêche, médecine, construction, préservation de l’environnement et du vivant, etc.)
Aujourd’hui, aussi, la primauté de la pensée collective commence à être  reconnue. Cela peut être illustré par l’abandon des structures pyramidales dans le management, la recherche, etc.
C’est là une préfiguration de l’organisation sociale qui permettra à l’humanité d’avancer.
Il s’agit, désormais, de faire en sorte que les masses accèdent réellement  au pouvoir. Le rôle du parti d’avant-garde est justement de contribuer à l’édification des nouvelles institutions qui permettront d’atteindre cet objectif.
Robert SAE : Martinique le 10 février 2016
 Naku press : Mise en ligne le 15 juin 2016