vendredi 23 avril 2010

UNE ECOLE POUR LA KANAKY


Le numéro 8 de "La Voie du FLNKS" est sorti. A la une : "Le FLNKS réactualise son projet éducatif". Ce numéro est spécialement consacré aux réflexions faites par les militants du Front , lors de la dernière convention qui s'est tenue à Sarraméa le samedi .... 2010. Bonne lecture à ceux qui l'ont déjà et merci d'aller l'acheter en villes aux camarades qui font la vente à la criée pour les autres .




L'école , l'éducation ont depuis toujours, traversé les préoccupations du Mouvement nationaliste kanak, pour la simple raison que ce n'est que depuis 1961 que nous avons eu le premier kanak bachelier. Longtemps maintenu dans l'obscurantisme , le peuple kanak n'a pas échappé au schéma classique des méfaits de la colonisation de part le monde. Les différents accords politiques assis sur des compromis ont fait avancer les débats et notamment celui de l'école et de la formation. Chose logique dans la mesure où cela constitue la base même du développement d'un pays. Laisser se creuser le fossé entre les différentes couches de la société pour ne pas parler de couche ethnique , c'était courrir le risque de faire le lit de graves tensions sociales dans le pays. La machine de l'histoire a aussi voulu que les choses soient ainsi. De fait le débat sur la question de l'échec scolaire fait couler beaucoup d'encre depuis plusieurs années maintenant dans le pays, il est rattrapé par l'initiative du gouvernement avec l'organisation des 400 débats autour du projet éducatif. Ce qu'il faut espérer c'est que dans ces 400 débats l'on fasse remonter toutes les analyses faites jusqu'à présent par les associations ou autres espaces qui ont planché sur la problématique de l'échec scolaire, devenu un peu comme un " fléau". La Convention du Front , a rappelé les résolutions de la grande conférence sur l'école qui s'est tenue en 2002 , des propositions bien ficelées mais qui pour beaucoup d'entre elles sont restées lettre morte. Il faut à tout prix qu'on les mette dans le panier qui amènera aux décideurs du pays, de quoi ficeler la loi d'orientation sur la question de l'école.


On peut se poser une question : est ce seulement la présence des kanaks dans le système éducatif français ( puisque c'est celui là qui est appliqué dans le pays ) qui est à l'origine de l'échec scolaire dans ce pays ? Est ce le seul acteur qu'est l'élève kanak qui est fautif, ou qui fait tâche ? Le savoir est une chose , le transmettre en est une autre, et c'est surtout la capacité et l'efficacité du détenteur du savoir qui conditionnera la qualité de réception du message par l'éduqué , en l'occurrence l'enfant. Et très souvent dans les réflexions on n'oublie le transmetteur, c'est toujours l'éduqué qui a un problème. On n'oublie aussi que jusqu'à preuve du contraire , le transmetteur est un être humain qui lui est conditionné par sa propre histoire ( individu issu d'une civilisation ) , une histoire qui n'est pas forcément celle de l'enfant qu'il va éduquer . Qui doit s'adapter , est ce l'enfant ou le transmetteur ? Parler d'adaptation c'est parler effort, qui doit faire l'effort ?

Différentes pédagogies traitent de la question , mais tout simplement l'école est une mission, et ce rôle est d'autant plus important s'agissant de l'école dans un pays en voie de construction . A qui veut poursuivre la réflexion ..