vendredi 30 mars 2012

Le 31e Congrès du Front a eu lieu, et après ?

Avant la tenue du 31e Congrès du Front de Libération Nationale, les réactions ont été multiples. On pourrait les résumer ainsi...


Dans la logique de l'état d'esprit du BP FLN constaté jusqu'à présent, la DUS (Dynamik Unitaire Sud) n'est pas invitée au congres du FLN. Donc ACTE ! les uns et les autres doivent se convaincre mutuellement des stratégies adoptées et mises oeuvre différemment. La question qui se pose maintenant est "si depuis mai 2009, il était difficile voire impossible à se "comprendre", par quel saint esprit, le FLNKS trouverait-il enfin un consensus sur une stratégie commune ?"
Si on tente de se poser les bonnes questions, cela serait, sans prétention, quelle stratégie commune pour quel objectif ? IKS (Indépendance Kanak Socialiste? L'accession à la pleine souveraineté du pays ? Renforcer la représentation indépendantiste et progressiste dans les institutions du pays ? Si l'accession à la pleine souveraineté est bien l'objectif recherché par tous, peut-être qu'il n'y a pas nécessité d'une seule stratégie commune ? Et, s'il y a plusieurs stratégies possibles, il y a forcément plusieurs manières de s'organiser... En tout cas, il faut espérer que ce Congrès clarifie ce que veulent réellement les uns et les autres  et ne pas se cacher derrière le rideau FLNKS pour d'autres raisons inavouables.



Ainsi, la motion de politique générale issue de ce rendez vous n'a pas apporté de réponse même s'il y a eu tout de même des échanges si on se réfère à l'interview donné dans les Nouvelles Calédoniennes par Yvon FAOUA (membre du BP FLN, représentant le RDO).
Mais, comme dit également Victor TUTUGORO, la motion devait traduire le minima existant actuellement au sein du BP FLNKS. Il n'est pas précisé si le rapport de force au sein du BP reflète bien la réalité dans les institutions et hors institutions.

En effet, il n'est pas question pour tout le monde de remettre en cause le rôle historique que le FLNKS s'assigne pour mener le peuple colonisé à son émancipation totale, et plus, il doit jouer un rôle de guide dans le processus de décolonisation. Par ailleurs, en déclinant sur le plan organisationnel, est ce que le FLNKS, tel qu'il est formaté, est-il efficace pour mener les choses ? Aujourd'hui, nul ne peut nier que le BP s'auto-neutralise depuis la chute du gouvernement Gomès, c'est à dire depuis le début de l'année dernière.

Malgré cela, on a pu constater un certain nombre d'avancées indéniables, même si certains les diabolisent indirectement en parlant de stratégie d'alliance. Levée du drapeau kanaky, implosion du Pacte républicain, élection de Roch WAMYTAN à la présidence du Congrès, les résolutions des deux derniers comités des signataires (les trois comités de pilotages - Bilan de l'Accord de Nouméa, Avenir institutionnel et Schéma minier industriel), alliance avec le PT (Parti Travailliste) au Gouvernement, etc. L'avancée la plus significative est le renforcement et la consolidation de la démarche unitaire nationaliste et progressiste, notamment dans le sud.

En 2014, il y aura des élections provinciales:  le FLNKS doit anticiper pour que les résultats de ces élections soient en conformité avec la composition du Front. Ce n'est pas bon qu'il y ait un écart entre la composition du FLNKS et une nouvelle représentation/représentativité de la mouvance nationaliste et progressiste en 2014.

Le FLNKS doit prendre en compte une certaine réalité et anticiper. C'est la meilleure gage pour le Front.

Après le Congrès de Waa Wi Lùù, le FLNKS devra s'accorder sur un échéancier pour aborder les problématiques cette année.