dimanche 3 avril 2011

Interview de Sylvain Pabouty dans le dernier n° de la voie du FLNKS...


...On a vécu 150 ans avec seulement le drapeau bleu blanc rouge, il serait temps que certains, à leur tour subissent le drapeau kanaky pendant quelques 150 années et ensuite on pourra parler d’égal à égal…

L'interview est en fait une reprise d'un passage de l'élu FLNKS Sud dans l'invité de la semaine de Djiido le vendredi 18 mars 2011...
Interview...

Romain Hmeun : votre réaction aux démissions à répétition du gouvernement ?
Sylvain Pabouty : en tant que militant Palika, FLNKS et élu sur une liste FLNKS à la province Sud et au Congrès, nous sommes partie prenante de tout ce qui se passe en ce moment. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’incertitude et d’instabilité en ce moment et ce n’est certainement pas ce que souhaite la majorité des habitants de ce pays. Les gens préfèreraient certainement nous voir voter des Lois du pays, travailler sur les Lois importantes de l’Accord de Nouméa. Aujourd’hui ce spectacle est vraiment désolant. Je souhaite qu’on trouve des solutions et on sent bien qu’il y a déjà une certaine lassitude. Nous nous retrouverons à nouveau le 1er avril pour la 3° fois pour élire un nouveau gouvernement et nous verrons bien l’attitude de la liste de M.Gomès.

Radio Djiido : M.Gomès vous reproche d’avoir été les premiers à allumer le feu…Sylvain Pabouty : C’est un droit d’entamer une démission quand il y a besoin de reconstituer une nouvelle équipe. C’est prévu par l’Accord de Nouméa. Après un bilan de deux ans, il fallait faire le point… La réaction des démissions à répétition est celle de Philippe Gomès car il n’accepte pas de ne plus être Président du Gouvernement. Cela n’est pas de notre responsabilité, mais bien celle du Pacte Républicain. Depuis deux ans, le RUMP, l’Avenir Ensemble ne s’entendent plus avec Calédonie Ensemble, ils ont cumulé les problèmes et ont décidé, en fonction de leurs propres objectifs de ne plus laisser Philippe Gomès à la Présidence du Gouvernement. Rappelons que le Pacte Républicain a été monté pour faire barrage aux indépendantistes…
Il est vrai qu’on ne pensait pas que sous prétexte qu’on retirait à un homme politique un « trône » et les « manettes du pouvoir » nous aurions une crise institutionnelle. Pour l’instant nous travaillons pour que cette situation trouve une solution.

Radio Djiido : Au départ la raison invoquée était celle de la non levée du drapeau kanak sur 4 mairies du pays…Sylvain Pabouty : La question du drapeau n’est pas la seule raison que nous invoquons. Il y a également la gestion du gouvernement, la façon de mener la collégialité, la façon de concentrer les pouvoirs aux mains du président qui profite de l’incapacité de certains ministres à résister ou à faire face à des hommes du type de Philippe Gomès. Maintenant, au sujet des drapeaux il faut repréciser que le fait de lever les deux drapeaux est une reconnaissance mutuelle, la reconnaissance de deux légitimités dans ce pays. Certains ont considéré que cela signifierait à terme que le drapeau de Kanaky deviendrait celui du pays. Or cette levée des deux drapeaux nous permettait de patienter, de gagner du temps pour avancer sur d’autres dossiers. Pour l’instant, dans le contexte actuel, on n’arrive pas à s’entendre sur un seul drapeau, on a besoin de temps pour trouver un drapeau commun, alors en attendant, il faut lever les deux drapeaux en signe de reconnaissance mutuelle ! J’ai présidé le comité des signes identitaires et vraiment ça a été difficile de trouver un consensus…

Radio Djiido : certains citoyens se réunissent et réfléchissent à un drapeau commun…Sylvain Pabouty : Ils sont libres de réfléchir dans leur coin, et faire des propositions… mais il faut que l’on canalise tout cela. Pour nous les indépendantistes, le drapeau que l’on apporte sur la table des négociations c’est celui de Kanaky et pour l’instant il n’y en a pas d’autres sur la table. On attend d’autres alternatives, mais nous, on se battra pour que notre drapeau soit celui du pays. Je rappelle qu’on a vécu 150 ans avec seulement le drapeau bleu blanc rouge, il serait temps que certains, à leur tour subissent le drapeau kanaky pendant quelques 150 années et ensuite on pourra parler d’égal à égal…