mercredi 18 mai 2011

Les responsables politiques du FLNKS et du Parti Travailliste rencontrent le premier ministre français, F FILLON

Entendu sur RDK ce mardi 18 MAI 2011...


Journaliste : Les autorités calédoniennes, pour la plupart, sont en métropole pour rencontrer le Premier ministre, François Fillon, dans le cadre de la modification de l'article 121 de la loi organique de l'Accord de Nouméa. Après le Rassemblement UMP et Calédonie ensemble mardi, François Fillon a donc reçu, il y a quelques heures, l'UC, le RDO, l'UPM et le Parti travailliste. Il s'agit surtout de préparer le prochain comité de suivi qui se tiendra en juin prochain.

Nous avons fait le point, ce matin, avec Gilbert Tuyenon, premier vice-président du gouvernement du pays et également vice-président de l'UC :

Gilbert Tuyenon : Notre position sur le sujet, c'était de demander à ce que l'État ajoute à l'article 121 un dispositif qui régule en fait et puis qui interdit les démissions à répétition. On a aussi échangé avec le Premier ministre sur une partie des propositions de l'État qui consistait à organiser des élections complémentaires, mais ça, ce sont des aspects techniques de la loi (?). Mais, plus que ça, la majeure partie de notre entretien avec monsieur Fillon a consisté à partager un peu sur le prochain ordre du jour du comité des signataires qui doit se tenir à la fin du mois de juin, ici, à Paris. Notre délégation, nous sommes venus avec l'idée de dire que nous approchons à grand pas du terme de l'Accord de Nouméa et qu'à notre sens, ce dispositif-là, il faut qu'on accélère un peu la cadence sur la mise en œuvre de l'Accord de Nouméa et, en un mot, nous avons demandé à ce que le prochain comité des signataires, on passe à un cran supplémentaire sur l'idée de l'accession de notre pays à la souveraineté. Il faut en effet rappeler qu'à partir de 2014, on sera en mesure, c'est la loi qui le permet, c'est l'Accord de Nouméa qui le permet, de solliciter les Calédoniens pour savoir s'ils sont prêts pour que le pays accède à l'indépendance. Notre état d'esprit, c'est de dire qu'effectivement, on a signé un accord en 98 et aujourd'hui, il n'est plus question de tolérer les retards qui ont eu lieu. On a effectivement partagé sur le retard pour empêcher les transferts de compétences, ou les groupes de travail ont du mal à se reprendre, les problèmes que nous rencontrons par exemple sur le transfert de l'enseignement. C'est tout un tas de dossiers techniques qui font que, ben, effectivement, le constat qu'on peut faire, c'est que l'Accord de Nouméa, on a du mal à avancer concrètement sur ça. L'impératif, pour nous, c'est que toutes nos petites affaires, si je puis dire ainsi, soient arrangées, se préparent, pour qu'on puisse, en toute connaissance de cause, décider de l'avenir du pays à partir de 2014. Donc, notre demande essentielle, c'était de dire, cette fois-ci, le comité des signataires, il faut qu'on franchisse un pas, il faut qu'on franchisse un cap, et ce cap-là, c'est essentiellement un cap politique pour dire : préparons comme il faut les choses, faisons de telle sorte que nous préparons notre pays pour son accession à la pleine souveraineté, et ça, les Calédoniens doivent décider en toute intelligence, en toute connaissance de cause, à partir de 2014.

Journaliste : Et en retour, que vous a répondu le ministre ?

Gilbert Tuyenon : Il en a convenu avec nous qu'effectivement, il y a un certain nombre de réajustements à faire et je pense qu'il a été assez sensible sur la demande éminemment politique que nous avons formulée cet après-midi et qui consiste à dire : il faut aller au-delà de tout ce que l'on a connu aujourd'hui sur les comités des signataires et qu'on passe ce cap-là, qui est finalement un cap un peu symbolique pour nous, parce qu'il faut faire de telle sorte que le comité des signataires de la fin du mois prochain soit un comité des signataires très politique.