mercredi 18 janvier 2012

FLNKS: d'un congrès populaire à une réunion des exécutifs des partis...

Journaliste : Gérard Reignier, bonjour ! Gérard Reignier : Bonjour !
Journaliste : Pour ou contre un congrès du FLNKS ?
Gérard Reignier : Pour un congrès du FLNKS. Les quatre groupes de pression ont dit qu'ils étaient pour un congrès du FLNKS.

Le peuple, il va falloir patienter... !
Journaliste : Pourtant il était prévu pour ce samedi 21. Il ne se réunira pas.
Gérard Reignier : Oui, tout à fait. Il y a eu une demande en interne pour faire en sorte que ce congrès se passe bien, il y a eu une demande pour que les exécutifs des quatre groupes de pression se retrouvent. C'est dans cette démarche, que les quatre exécutifs des quatre groupes de pression, RDO, UPM, Palika, UC vont donc se retrouver au Surf, samedi pour regarder nos convergences, nos divergences, mais aussi les enjeux que le FLNKS doit faire face.

Journaliste : Vous êtes sûr que les états-majors, les exécutifs des quatre composantes seront présents samedi ?
Gérard Reignier : C'est l'engagement qui a été pris, mardi, en bureau politique. Donc, les gens seront là.

Journaliste : Ce refus d'un congrès, ça vient du Palika ou d'une autre composante ?
Gérard Reignier : Non, il n'y a pas de refus du congrès. Tout le monde est pour le congrès, simplement, il y a des demandes de niveler les choses, et donc, cette demande, elle a été acceptée collégialement, et c'est dans un consensus que nous préparons cette réunion de samedi.

Journaliste : Mais cette demande, elle émane du Palika ?
Gérard Reignier : Essentiellement.

Journaliste : Ce n'est pas la première fois qu'un congrès du FLNKS doit être reporté. Est-ce que vous pensez que vous allez arriver à le réunir, cette année ?
Gérard Reignier : Oui, bien sûr, c'est un objectif, et quelque part, pour le pays, c'est une obligation.

Journaliste : Est-ce que ce report ne cache pas, en réalité, les profondes divisions qui existent aujourd'hui encore au sein de la coalition ?
Gérard Reignier : C'est pas la première fois, c'est pas la dernière. Le FLNKS est fait de groupes de pression, est fait de visions quelque part différentes, et souvent, de stratégies différentes. Charge, justement, de ce front, puisque c'est un front, de savoir se retrouver et, surtout, de porter l'héritage qui est le nôtre, parce que l'Accord de Nouméa, on le dit, et on le réaffirme, c'est le FLNKS qui est le garant de l'Accord de Nouméa. Personne d'autre. C'est bien le FLNKS qui l'a signé et c'est lui qui le porte. Si demain, le FLNKS ne doit plus être porteur de l'Accord de Nouméa, l'Accord de Nouméa meurt.

Journaliste : Mais on sait que le Palika vous reproche, ces derniers mois notamment, ce qu'il qualifie d'alliance avec le Rassemblement, l'Avenir ensemble, le Parti travailliste. Est-ce que cette situation est une des raisons de l'échec de la réunion de ce congrès ?
Gérard Reignier : C'est une des raisons, mais ce n'est pas la seule. Je pense qu'elles sont multiples. On a pris note des différentes motions et résolutions des uns et des autres, et on voit bien que chacun a besoin, d'abord, de se retrouver dans ces groupes de pression, on l'a vu sur les motions du Palika, celles de l'UPM, celles de l'UC. Et donc, cette nécessité de pouvoir refaire un point en interne, pour aller plus loin. Et c'est vrai que le reproche de l'alliance, il est fait au sein du bureau politique. L'UC s'en est expliquée, le RDO, l'UPM et le Palika. Mais en rien n'a été remise en cause l'action du FLNKS dans l'application de l'Accord de Nouméa.


Journaliste : De son côté, l'UC avait proposé, il y a quelques semaines, un congrès élargi à l'ensemble des composantes indépendantistes, en y intégrant notamment le Parti travailliste. Elle en est où, cette idée ?
Gérard Reignier : Cette idée, elle continue à vivre, parce que là aussi, on a regardé les différentes motions, et on voit bien que l'ensemble des quatre groupes de pression parle de réunir, de rassembler, de réunifier. Chacun utilise des mots différents, mais tout le monde veut dire la même chose, tout le monde parle de mouvance indépendantiste. Donc, on voit bien, qu'on a, dans ce pays, des indépendantistes, aujourd'hui. En 84, il y avait le FLNKS et le LKS. Aujourd'hui, cette mouvance s'est un peu élargie. Il y a le FLNKS et il y a d'autres partis, d'autres groupes, mais tout le monde souhaite qu'à un moment ou un autre, on se retrouve. L'UC a été un peu, j'allais dire : a pris de l'avance en proposant un congrès, un congrès élargi, justement, aux différentes forces indépendantistes. Mais sinon, sur le fond, tout le monde est d'accord. Maintenant, c'est sur la forme. L'UC est là pour travailler. Les autres partis politiques aussi, le Palika aussi a une démarche, où il parle d'alliés, il parle de mouvance indépendantiste. Donc, on est, sur le fond, dans la même vision. Maintenant, c'est qu'une question de démarche
Journaliste : Le Palika a tout de même traîné les pieds quand on a envisagé une réunion avec le Parti travailliste, ils s'entendent quand même pas franchement.
Gérard Reignier : Oui, bien sûr, c'est normal. Forcément, c'est pas toujours évident. Aujourd'hui, l'UC a quelques difficultés avec le LKS. Mais c'est pas pour ça que la mouvance indépendantiste ne doit pas se réunir, ne doit pas se retrouver. Les enjeux que le FLNKS, que les indépendantistes ont en face d'eux, à savoir, préparer la sortie de l'Accord de Nouméa, font qu'on doit se retrouver à un moment ou un autre.
Journaliste : De son côté, la Dynamique unitaire Sud de Sylvain Pabouty souhaite être intégrée comme cinquième composante du FLNKS. Est-ce que c'est envisageable ?
Gérard Reignier : Oui, c'est envisageable, bien sûr, puisque c'est l'essence-même du FLNKS. C'est un front de libération national kanak socialiste. Ce front, il avait vocation, il a toujours vocation à rassembler les indépendantistes pour, justement, accéder à la pleine souveraineté. Donc, bien sûr, maintenant, il faudra trouver les voies, les formes. Je repense à RDO qui a mis trois ans avant d'intégrer le FLNKS, mais qui a travaillé, mais qui, aujourd'hui, siège au sein du bureau politique du FLNKS. Je pense raisonnablement qu'à un moment ou un autre, le DUS sera à l'intérieur du FLNKS.

Journaliste : D'un autre côté, comment faire appliquer les décisions qui sont prises lors des congrès FLNKS ? On se souvient que lors du dernier congrès, il avait été décidé une démarche unitaire, en règle générale, que ça a pas été fait, et qu'un certain nombre de composantes se sont plaint. Alors à quoi ça sert de faire un congrès si, après, vous n'arrivez pas à traduire dans les faits ?
Gérard Reignier : Je pense que c'est là notre grosse difficulté, mais c'est pas né d'hier, c'est né depuis toujours. Dès la naissance du FLNKS, au moment de la charte, sur les niveaux de stratégies, ça n'a pas été évident. Je rappelle que le FLNKS, à un moment donné, a eu des divisions importantes. Je pense, bien sûr, à la sortie du FULK, par exemple, du FLNKS. On sait les événements dramatiques de 89, sur la signature des Accords de Matignon. Donc, au sein du FLNKS, il y a un débat, il y a quelques fois des contradictions, mais il y a toujours cette même volonté, ce même objectif. C'est ce qui nous rassemble. Là-dessus, il y a pas de souci. Maintenant, la mise en œuvre des choses : bien sûr, le FLNKS n'est pas un parti unique, c'est bien un rassemblement de différents groupes de pression, de différents partis. C'est toute la difficulté qu'on a eue depuis le début, qu'on aura toujours, de toute façon, c'est de mettre en œuvre les décisions qu'on prend ensemble.

Journaliste : L'hypothèse d'un président du FLNKS, on y pense encore ou pas du tout ?
Gérard Reignier : Ça avait fait surface, l'année dernière. Le bureau politique était chargé de travailler dessus. On a beaucoup de difficultés parce qu'il est clair, qu'en fait, pareil…, l'histoire du FLNKS, c'est un rassemblement, c'est un front. Ce qui veut dire que ce sont des groupes de pression et qu'à l'intérieur de ces groupes de pression, il faut retrouver un consensus, il faut trouver la collégialité pour prendre les décisions, et c'est vrai qu'un président qui serait plus un président porte-parole qu'un président décideur, c'est pas évident. C'est pas évident à trouver parce que c'est une question de leadership, et c'est souvent ce que les uns et les autres pensent, c'est-à-dire : qui, de quel groupe de pression va être le président du FLNKS ? Je pense qu'on retombe toujours sur cette problématique. Pour l'instant, il y a le bureau politique qui travaille toutes les semaines, tous les mardis, il se réunit, et qui travaille collégialement, et chacun vient avec ses idées, et on essaye de trouver les consensus nécessaires pour avancer, pour faire exister le FLNKS. Donc, pour l'instant, la question d'un président, n'est pas à l'ordre du jour. La question qui est à l'ordre du jour : nous avons des enjeux très importants, 2014 – 2018, et sur ces enjeux, il faut qu'on arrive à se mettre d'accord. Ensuite, on a des stratégies, comment convaincre les autres, comment préparer une constitution avec les autres. Et donc, ces enjeux, il faut que le FLNKS se structure autour de ces enjeux. Peut-être qu'un jour nous aurons un président qui permettra peut-être, justement, d'être un peu le porte-parole de ces choses-là, mais en aucun cas, le président du FLNKS est un président tel qu'on l'entend dans un parti politique, c'est-à-dire un président exécutif. C'est un président qui est en charge de rassembler les groupes de pression.

Journaliste : Les exécutifs des différentes composantes se réunissent samedi. Il va en sortir quelque chose ?
Gérard Reignier : Ah ben, bien sûr ! Il faut qu'il en sorte quelque chose, de toute façon, et au minimum, si on ne fait que prendre en compte nos convergences, parce que, peut-être, vous, vous ne le voyez pas, de l'extérieur, mais en interne, on a bien vu, sur ce qui se disait il y a un an, il y a deux ans, que pour certains groupes de pression, le FLNKS avait montré ses limites, était 'en bout de course. Cette année, les quatre groupes de pression ont réaffirmé le bien-fondé de ce mouvement de lutte, de ce mouvement de libération qu'est le FLNKS. Donc tout le monde a replacé le FLNKS sur son véritable rôle, et ça, c'est un point qui, pour moi, est essentiel, est important. C'est au moins ce point qui est convergeant. Ensuite, qu'on identifie nos divergences. Il y en a. Faisons-le. Et que, derrière ça, par rapport aux enjeux, on essaye de trouver une méthode pour régler nos divergences et faire face aux enjeux, ce serait pas mal déjà.

Journaliste : Il n'y a pas eu de congrès du FLNKS en 2011, il y en aura un en 2012 ?
Gérard Reignier : Le bureau politique de mardi a dit : réunion des exécutifs, et dans ce que nous proposerons aux exécutifs, c'est que dans les deux mois, dans les trois mois, il y ait un congrès du FLNKS, en 2012, bien sûr.

Journaliste : Gérard Reignier, merci.
Gérard Reignier : Merci.