lundi 13 juin 2011

1er Congrès du CNTP

Les samedi 11 et dimanche 12 juin 2011 au Dock Socio-Culturel de Païta, se tenait le 1er Congrès du CNTP (Confédération Nationale des Travailleurs du Pacifique), le syndicat créé par les dissidents de l'USTKE emmené par l'ex-président de la célèbre centrale syndicale. A l'ouverture du Congrès, étaient invités et présents le sénateur Simon Loueckhotte, la secrétaire générale du SLUA, Rosine Streeter, l'ex-porte parole du FLNKS et membre de l'UPM, Victor Tutugoro, le président de l'UMP, Guy Pascal, l'élue du FLNKS Sud, Odette Moindou, un militant Palika de la Dynamik Unitaire, François Karé et l'élu du FLNKS Sud, militant également Palika de la Dynamik Unitaire.


Dès que Naku press aura en sa possession les motions de ce Congrès, il n'hésitera pas à les rendre publique... En attendant, Naku press publie ici l'intervention de Rosine Streeter, sécrétaire générale du SLUA...


"Je tiens tout d'abord à vous remercier pour cette invitation qui m'honore,
à l’occasion de 1er congrès de la CNTP (confédération nationale des travailleurs du Pacifique).
Permettez-moi de saluer toutes les autorités présentes en particulier les autorités coutumières à qui je vais demander la permission de dire ma vérité et me pardonner si je devais vous offenser.

C’est un grand bonheur pour moi pour le syndicalisme libre dans un pays libre !( faut-il que nos frères syndicalistes soient à la hauteur des attentes de notre jeunesse et de nos populations)

J'aurai l'occasion pour une fois ce matin de dire publiquement ce que Gérard Gégé représente pour moi et pour mon Pays, quitte à sortir des sentiers battus au risque d’être montrée du doigt.
A ce sujet je vous demanderai de l’indulgence au cas où je devrais vous agresser avec mes déclarations mais il faut qu’à un moment de notre vie syndicale nous nous accordions le droit de parler et dire ce que tout le monde pense tout bas.

Si on m’avait dit…
Si on m’avait dit que la kanaky n’est pas une couleur…
Si on m’avait dit que la kanaky était avant tout un état d’esprit, une façon d’être, un mode de vie (vivre et laisser vivre)…
Si on m’avait dit que les couleurs n’existaient pas… que la couleur est la même pour tous à l’intérieur,
Si on m’avait dit, qu’il y avait des blancs plus kanak que les kanak, et des kanak plus blancs que les blancs, je ne l’aurais jamais cru…
Et pourtant…
Voilà Gérard Jodard, un brave parmi tous les braves de notre nation, un exemple d’abnégation pour tous nos jeunes qui pourraient certainement le prendre pour modèle !!
Gégé, n’est pas comme les autres… il va au bout de ses convictions et respecte la parole donnée.
Et sa parole n’est pas un vain mot. Chez lui l’engagement est total, non négociable, réel Rien ne pourra le détourner de ses objectifs ni de ses combats…
En cela, il est un modèle pour beaucoup d’entre nous, et gène naturellement la bande d’arrivistes et d’opportunistes qui font semblant de s’intéresser au peuple, mais qui en réalité sont beaucoup plus intéressés par leurs avantages personnels quitte à trahir le peuple.
Gérard n’est pas de ceux là, il va au bout de sa logique et de ses convictions. Rien ni personne ne peut briser sa détermination.
Et Gérard, à la différence de beaucoup d’autres, à une vraie parole. Il n’a jamais trahi le peuple pour s’enrichir (et dieu sait si beaucoup d’autres ont préféré plutôt se servir, que de servir le peuple, ou les militants qui leur avaient fait confiance.
Il n’est pas utile d’identifier ces usurpateurs : tous le monde les connait … Des syndicalistes qui du jour au lendemain se retrouvent à la tête de fortunes colossales et de patrimoine considérables, pourraient être légitimement questionnés sur la façon dont ils ont opéré pour s’enrichir ainsi sur le dos de leur militants de base.
Ceux là ne vont pas en prison, ils préfèrent leurs appartements luxueux, acquis souvent de manière illicite…
Quand il faut trahir leurs militants, ils le font sans sourciller… La couleur de l’argent est souvent plus belle que celle du peuple !!
Gérard n’est pas un saint, mais il est juste et honnête et n’a jamais dupé le peuple de Kanaky. ..
Il est en tout cas un exemple à montrer pour nos jeunes et figurera certainement un jour au « panthéon » des grands hommes qui ont aidé à construire notre pays. Cela, il ne faudra jamais l’oublier !!
Quand bien d’autres auront rejoint les poubelles de l’histoire dans un beau cercueil doré, les justes demeureront : Les pères de notre nation, les JM Tjibaou, les Eloi Machoro, les Yéiwéné Yéiwéné, Pierre Declercq, et quelques autres … Gérard Jodar est de ceux là !!
En Israël, l’Etat à créé une classe à part, de citoyens d’honneur… On les appelle des justes… Ils ne sont pas juif, ils ne sont pas saint, ils sont simplement des femmes des et des hommes qui ont refusé l’inacceptable, parfois au péril de leu vie.
Gérard pourrait être l’un des tous premiers de la liste… Avant beaucoup d’autres, il s’est élevé contre les injustices et les ignominies qui touchaient (et touchent toujours) notre population.
Il fait parti de cette race d’hommes rares, qui contre vent et marée, décide d’influer sur le cours de l’histoire en s’élevant au péril de sa vie pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

Je tenais, avant tout autre, à le remercier pour son courage et sa ténacité pour inverser le sens de l’histoire et permettre à notre peuple de retrouver sa dignité perdue.

Gérard, tu as failli y laisser la peau, mais ton exemple, encouragera notre jeunesse à se transcender pour construire un monde meilleur en KANAKY.
Au nom de notre peuple, à nouveau debout après tant d’années d’humiliation et d’asservissement, Tu es des nôtres pour toujours, et ça jamais nous ne l’oublierons!
Notre terre, c’est ta terre !

Enfin, je tenais à faire un point rapide sur la situation actuelle en matière de syndicats :
En fait, la plupart d’entre eux ne jouent plus leur rôle et trahissent les combats de nos frères : Par exemple, ils prétendent être contre la vie chère, et se font financer les études par les grandes surfaces !! Peut-on avoir confiance en eux ?
Ils revendiquent la mutuelle pour tous, mais ont en même temps laissé tomber leurs militants de la SLN, abimés par l’amiante et autres poussières cancérigènes ou mortelles.
Ils ont la prétention de vouloir gérer le FSH, mais s’avèrent totalement incapable de concevoir des logements adaptés et accessible à la propriété pour les plus pauvres.
Ils prétendent défendre les travailleurs, mais en fait ne pensent qu’à s’enrichir sur leur dos.
L’emploi local ? C’est une vaste fumisterie !! On prétend défendre l’emploi local mais on cautionne en même temps l’arrivée massive de réunionnais, qui prendront la place de nos travailleurs, car ils sont prêts à travailler à n’importe quel prix, compte tenu du chômage chez eux. Accepter ça, c‘est accepter de voir la courbe des salaires baisser (ils sont pourtant déjà pas assez élevés) !
En clair, les syndicats « institutionnels » trahissent le peuple en préférant s’enrichir à titre personnel. (il n’y a qu’à regarder leur train de vie)
Nous n’accepterons jamais, ni Gérard, ni moi, de trahir nos adhérents, nous sommes ici pour vous servir, et jamais nous ne l’oublierons.
Merci de votre confiance à tous."

Nouméa, le 11 juin 2011-


Rosine STREETER au nom du SLUA

dimanche 12 juin 2011

La petite chronique hebdo de Naku press


Le gouvernement du pays a été élu ce vendredi 10/06/20011. Beaucoup d’encres ont coulé ces derniers jours pour accompagner cette élection. Elle a eu lieu. Il faut, pour le moment, acter la décision du Boulevard Vauban. Gomes et sa bande ont fait des leurs, en multipliant leur petit encadré dans la presse locale, faisant planer la menace d’une nouvelle démission en cas de non suite à leur demande d’avoir des portefeuilles « conséquents » disons à la taille de leur représentativité électorale. Ils l’ont encore rappelé en décortiquant l’appartenance politique des membres des listes concurrentes. Argument fondé, mais, malheureusement, la logique des élections a voulu que Calédonie Ensemble, le parti de Gomès, n’ait obtenu que 3 sièges. La courbe de la communication de la bande de l'ex-président du gouvernement en dit beaucoup sur les véritables intentions. Et, comme dirait l’autre, derrière une préoccupation exprimée, il y a toujours une intentionnalité. Bref.


Côté indépendantiste, l’espoir d’avoir un 4ème siège était présent dans les souhaits de chacun même au-delà des périmètres des groupes politiques composant la liste Entente – FLNKS. Mais comme dirait l’autre, malgré des beaux discours de certains, le naturel revient au galop pour entendre certains exprimer tout haut leur intention de jouer à chaque fois le rapport de force en faveur de la droite locale dans ces hautes instances du pays. Ce sont des situations que le FLNKS et le mouvement nationaliste, d’une manière générale, côtoyent au quotidien. L’essentiel, c’est que les choses doivent avancer. D’ailleurs, même au sein de la mouvance indépendantiste, depuis un moment déjà, l’effet d’entonnoir a commencé à dessiner ses contours, situation classique quand on s’approche de grandes échéances qui viendront interroger nos propres convictions par rapport à des mots d’ordre qui ont toujours guidé le combat nationaliste depuis. L’histoire nous dira qui sont réellement les vrais, ceux qui ont fauté, ou encore ceux qui ont pris l’habitude de pousser la démagogie à ses limites. Nous sommes en politique.


Sur les dossiers à la Une de l’actualité locale : le problème de la vie chère continue à occuper les débats, c’est un sujet qui revêt plusieurs facettes. Une facette politique car on peut se poser la question pourquoi ce sujet revient au devant de la scène à un moment où certains veulent semer l’instabilité politique. Certains médias ont même soupçonné certains leaders syndicalistes de vouloir jouer leur propre carte à des fins politiques… La facette économique du sujet c’est à la fois ces mesures annoncées par le gouvernement qui on l’espère tous verront bientôt le jour – à l’exemple de la modernisation du système fiscal. On sait, par ailleurs, qu’un certain Mr LIEB sera sur le Territoire dans les prochains pour continuer l’étude en cours sur le système fiscal (notons cela comme une avancée !). – la valse du dossier rachat du Groupe Lavoix par Hayot, et l’hypermarché Géant critiqué de fond en comble par les syndicalistes avec l’argument phare de l’absence d’une réglementation économique, et notamment de la loi anti trust. L’autorisation donnée par le président de la Province Sud est interprétée comme un geste favorisant la flambée des prix, une ouverture du robinet calédonien aux capitaux étrangers et vice versa la fuite des capitaux vers l’extérieur – la baisse des prix alimentaires, mais rattrapés sur d’autres produits c’est la critique que font les consommateurs, donc pour dire autrement les choses ce sont des coups d’épée dans l’eau. Bref, un dossier qui fait bien remuer la petite marre calédonienne. D’ailleurs des nouvelles notions ont fait leur apparition dans les propos de certains décideurs : d’un capitalisme familial, on est passé à un capitalisme international avec un fond d’argumentation du genre «avec les usines le produit intérieur brut va passer à 200 milliards...» , et pour contrebalancer ces affirmations, on revient sur la question de la fiscalité.


Le dossier Emploi local avec un réseau réunionais dans lequel sont impliqués, la boîte d'intérim, Manpower, et le conseil régional de La Réunion : beaucoup de réactions se sont faites entendre, mais qui a laissé la brèche ? Ce dossier a fait l’objet d’une loi du pays votée depuis Juillet 2010 et à ce jour le travail technique permettant de fixer les modalités pratiques de mise en application, ne sont toujours pas terminées, qui doit faire avancer les choses ? Le dossier n’est pas ficelé mais déjà on entend dire certains gros industriels dire que ce texte ne doit pas non plus freiner le développement économique.


Le rendez vous électoral qui fait aussi jaser dans les chaumières, ce sont les sénatoriales prévues pour septembre prochain. Beaucoup de subtilités car c’est aussi un espace où on pourra vérifier la continuité de certains discours, ou alors on va encore assister à des valses de politique politicienne – pour un petit rétro sur la question : il y a déjà quelques temps de cela, les médias se sont donnés à cœur joie à affirmer des conclusions possibles du genre Frogier va donner le deuxième poste à Pidjot, ou encore on va tendre cette carotte à Gomes pour qu’il arrête de parlementer… et beaucoup d’autres propos, le Palika lui arrive dans la discussion pour dire qu’il est dans les institutions donc il ne restera pas à l’écart, mais il ne dis pas comment… Et au fil du temps, comme le positionnement de certains au moment du vote du gouvernement: on voit la droite locale se re serrer les coudes. Gomes qui réclame cette deuxième place en arguant le fait que, ce niveau de décision doit rester aux mains de la droite pour être conforme à son poids électoral a niveau local : 60% de l’électorat local contre 40% aux indépendantistes, - Frogier lui semble réfléchir sur la question par rapport au résultat des élections présidentielles, disant que si la gauche devait arriver au pouvoir, le sénat doit fondamentalement rester à droite, mais en fait qu’elle est sa position ? on le saura dans les prochains jours.


Naku press terminera cette chronique par ce thème qui a bousculé l’actualité , du moins la presse écrite : la franc maçonnerie . Un certain Pierre MARIDANO qui a osé lever une partie du voile sur l’histoire de la franc maçonnerie en Nouvelle-calédonie depuis les premiers colons, le Bagne, la Commune, les deux guerres mondiales, jusqu’aux évènements et aux Accords de Matignon et de Nouméa. Le contexte s’y prête à ce genre d’actu, d’ailleurs même un certain Armand dans les colonnes des Nouvelles Calédoniennes affirment qu’une des loges présentes sur le Territoire travaille actuellement sur le rôle de la maçonnerie dans la décolonisation.


L’élection du gouvernement pour diriger Kanaky, l’économie qui fait l’essence même de la vie dans le pays, les sénatoriales pour parler de la relation encore présente avec «la mère patrie», et enfin la franc maçonnerie pour la réactualisation de certains courants de pensée qui ont toujours été à l’heure pour façonner les esprits soit disant au titre des valeurs de l’humanité : Naku press dédie cette petite conclusion de sa chronique à la réflexion critique de ceux qui aspirent à ce que Kanaky puisse un jour siéger au sein du concert des nations.


Mise en ligne par Naku press le 12/06/2011 à 13h00

jeudi 9 juin 2011

Bref rapport de mission du FLNKS au 18e Sommet du Groupe Fer de Lance

Rapport de mission

Du 26 au 31 mars, s’était tenu à Suva le 18ème Sommet du GMLF. Sans être exhaustif, le présent rapport se veut être avant tout le relevé des principales résolutions prises à l’issue de ce Sommet.

Participaient donc à la retraite des leaders de ce Sommet, présidé par le Premier Ministre de Fiji, le contre amiral Mr BAINIMARAMA:
- Mr Sato KILMAN, Premier ministre du Vanuatu,
- Mr Don Pomb POLYER, Ministre des Affaires Etrangères, du Commerce et de l’Immigration da la PPNG (représentant le 1er ministre Mr Mickaël SOMARE),
- Mr Peter Shanel AGOVAKA, Ministre des Affaires étrangères des Iles Salomon, (représentant le 1er Ministre ; celui-ci ayant dû rentrer au pays pour des raisons de politique intérieure)
- Mr Filipe BOLE, Ministre de l’Education nationale, de la Culture et des Arts, de la Jeunesse, du Travail et de l’Emploi
- Mr Charles WASHETINE, représentant le FLNKS, (Mr Victor TUTUGORO, chef de la délégation, étant rentré précipitamment au pays en raison d’un deuil familial).

Assistaient également à ce sommet, les ministres des affaires étrangères de pays membres, les représentants des gouvernements de la République démocratique du Timor-Leste et de l’Indonésie, en tant qu’observateurs. Le Grand Duché de Luxembourg y assistait quant à lui en qualité d’invité spécial.[1]

Ce qu’il convient d’emblée de noter est qu’une place de choix a été réservée au FLNKS et à la situation du pays. Après avoir pris connaissance des relevés de conclusions du dernier Comité des Signataires qui s’était tenu à Paris les 25 et 26 juin dernier, il a été explicitement demandé au FLNKS, suite aux recommandations de la mission du GMLF qui s’était rendue en NC en juin 2010 :
- de « fournir des statistiques sur l’emploi des Kanak dans le tertiaire et dans les institutions de la NC depuis la signature de l’Accord de Nouméa »
- de produire des statistiques sur les indices sociaux et économiques pouvant identifier les inégalités existantes entre Kanak et non Kanak
- de tirer le bilan de l’action « Cadres Avenir »
- d’apporter des informations complémentaires concernant le Sénat Coutumier et notamment sur les modalités de son financement

Par ailleurs, il a été décidé de « fournir une assistance dans le processus de réconciliation entre les communautés kanak et les autres populations » et, en cas de demande de la part du FLNKS, de « proposer des actions de formation spécialisée, de stages ou bourses d’études » au profit des jeunes Kanak

S’agissant de la situation de FIJI, les dirigeants des pays mélanésiens ont pris la mesure du projet de rétablissement de la démocratie par voie élective et ont approuvé la feuille de route annoncée depuis 2009 par le contre-amiral BAINIMARAMA et qui prévoit des élections à partir de septembre 2014. Ce scrutin devant être précédé de réformes sociales et économiques et de réformes constitutionnelles et institutionnelles notamment concernant le mode d’élections.
Les leaders demandent en outre la réintégration des Iles Fiji au Forum du Pacifique et la participation de ce pays aux réunions de négociations dans le cadre de la conclusion d’un Accord de Partenariat économique avec l’Union Européenne.

Au plan du maintien de l’ordre, le groupe mélanésien a entériné le principe de la création « d’une unité policière » subrégionale et « d’une académie régionale de police ».

Au niveau économique et commercial, il a été entériné le principe de création « d’un marché du travail commun » entre les pays membres et celui « de la mobilité des travailleurs ».

Ont été par ailleurs validés :
- l’Accord d’exportation de Kava entre Fiji, Vanuatu et Salomon
- le rapport sur le sommet du Fer de Lance relative à la pêche du 15 au 16 février
- le principe d’une rencontre des ministres des finances du MSG
- le rapport sur le « 4ème festival des Arts mélanésiens » en Kanaky/NC (dont la bonne tenue a été unanimement saluée par les délégations et les pays membres).

A retenir enfin, en termes de calendrier, la tenue en 2013 du prochain Sommet du GMFL en Kanaky/NC, des « Jeux de la Mélanésie » et une visite d’une délégation des pays mélanésiens en 2011.

Nouméa, Avril 2011


[1] Etaient également présents Mr Charles PIDJOT (UC, membre du FLNKS), Mr Louis Kotra UREGEI (Parti Travailliste) et Mr Richard TUHEIVA (UPLD du Pays Maohi), venu plaider la réinscription de la Polynésie française sur la liste des pays à décoloniser à l’ONU et son accession au GMLF en tant qu’observateur.

mercredi 8 juin 2011

La Dynamik FLNKS Sud a organisé une conférence de presse...

En présence de Moindou Odette, Roch Wamytan et Sylvain, les trois élus FLNKS de la Province Sud, la Dynamik FLNKS Sud a tenu une conférence de presse pour relater les décisions prises lors de son assemblée générale de samedi dernier. Une assemblée qui a eu lieu à la maison commune de St Sébastien (St Louis - Mont Dore).
Par contre, la conférence a eu lieu dans les murs du siège de la Province Sud. C'est ce qui est une Première !

Extrait de la conférence de presse animée par Nicole Waia, membre de la commission Communication de la Dynamik FLNKS Sud....

"... La Dynamik FLNKS Sud est une organisation qui a vu le jour dans le cadre de la préparation des élections de Mai 2009. C’est, avant tout, la volonté d’assurer une représentation active indépendantiste à la province Sud, après 5 ans d’absence que cette organisation a été initiée par des militants du FLNKS.

Après avoir réussi à faire une liste unitaire sous la bannière du FLNKS avec un slogan parlant : Un peuple en marche, la Dynamik FLNKS Sud s’est donnée comme objectif d’accompagner le travail de ces 4 élus en faisant régulièrement un point sur l’avancement du travail mené au niveau de l’institution.

Le cadre de ce suivi : les grandes orientations du programme électoral de Mai 2009.
Une représentation de 4 élus sur 40 (que compte la province sud) oblige à faire des choix stratégiques sur les dossiers à porter, qui touchent les couches sociales les plus défavorisées et à l’identité kanak et océanienne tout en faisant valoir nos options politiques indépendantistes. Comment conforter notre action politique dans cette province majoritairement de droite sur un plan électoral ?

C’est lors des réunions de coordination avec le terrain, que la Dynamik FLNKS Sud organise la passerelle avec les élus.

La réunion du samedi 4 juin 2011 s’inscrit dans ce cadre là. Cela a été l’occasion pour nous de faire un tour d’horizon sur l’ensemble des dossiers positionnés et suivis par nos élus.

Nous les avons classés en deux catégories :

1 - Les dossiers emblématiques : le col de Pétchikara, le port économique de Thio, le projet d’Hotel de Gouaro Deva, le lycée du centre
2 - Les dossiers classiques liés aux préoccupations quotidiennes des populations vivant dans le milieu urbain du Grand Nouméa et celles des populations vivant dans les tribus en particulier la problématique de la mise en valeur du foncier coutumier (GDPL, travaux d’aménagement ).

Les militants investis au niveau du Congrès et du Gouvernement ont aussi fait le tour des dossiers qui occupent l’actualité avec notamment la situation du gouvernement, le dossier transfert de compétence, la modification de la loi organique prévue pour juillet, la nomination de Roch WAMYTAN à la présidence du congrès du Pays…
Ces dossiers qui, pour nous, témoignent de l’impact de l’action politique du mouvement indépendantiste au niveau du pays. La Dynamik FLNKS Sud prend acte de cette représentativité, maintenant confirmée au Congrès avec la présidence de cette haute instance de décision, 3 voire 4 ministres au Gouvernement,5 avec l’élue du groupe UNI.

Pour le soutien du travail mené à ces différents niveaux, la Dynamik FLNKS Sud s’est dotée d’une organisation permettant aux militants de terrain d’apporter leur contribution aux réflexions actuellement en cours sur des domaines comme l’enseignement, la santé, et sur des dossiers de fond telle la question de l’inscription sur les listes électorales.
L’inscription sur les listes électorales, un dossier éminemment politique, puisque c’est une question primordiale pour organiser la participation des populations aux prochaines échéances provinciales de 2014 mais aussi au référendum d’autodétermination. On notera en passant des problèmes qui concernent en particulier la jeunesse kanak, avec une présence encore massive sur le tableau annexe qui oblige à des démarches juridiques, l’importance des jeunes qui ont perdu leur droit civique – bref beaucoup de travail en avenir.

Par ailleurs, la Dynamik FLNKS Sud a aussi été interpellée sur la question de l’emploi local, avec l’institution d’un réseau réunionnais via Manpower une boîte d’intérim de la place. L’emploi local constitue l’un des points clés du rééquilibrage, la loi du pays sur le sujet a été votée en Juillet 2010, les modalités n’étant pas encore ficelées, le marché de l’emploi reste accessible à tout français venant des autres pays d’outre mer. Mais s’agissant d’une initiative, privée, soutenu par une collectivité territoriale en l’occurrence le Conseil Général, la Dynamik FLNKS Sud rappelle simplement que le pays est dans un processus de décolonisation acté par l’Accord de Nouméa. On ne peut accepter de telles initiatives qui viennent de fait bouger cet équilibre recherché entre les communautés vivant dans le pays, une des conditions nécessaires pour la construction du destin commun. On demande à ce que les modalités pratiques pour l’applicabilité de cette loi du pays, soit réellement suivie.
Une organisation a été mise en place pour récolter les données statistiques sur les offres d’emplois, la catégorie socioprofessionnelle des métiers concernés, le vivier local des demandeurs d’emplois, - bref constituer une banque de données pour démontrer l’urgence de la situation aux autorités politiques du pays.

Les organisations syndicales du pays ont déjà réagi, au vu de l’argumentation que nous venons de développer, la Dynamik FLNKS Sud appelle à soutenir les différentes manifestations prévues dans les prochains jours à Nouméa.

Suivre le travail dans les institutions, assurer la passerelle entre les élus et le terrain pour la remontée des besoins, participer aux réflexions qui se mènent au niveau du pays, apprécier les sujets d’actualité font partie des objectifs portés par la Dynamik FLNKS Sud.
Elle continuera à porter l’option indépendantiste dans la province Sud, comme elle contribuera avec ses petits moyens aux réflexions liées à des grands enjeux d’avenir pour la construction du pays de demain.

Le 07/06/2011.

dimanche 5 juin 2011

La note de soutien de Naku press.

Radio APAL, un des outils de communication du CNCP (Conseil national des comités Populaires) en Martinique. Naku press publie ci-après une photo d'une émission en décentralisée sur le thème : Les séquelles de la traite négrière. Pour revenir en Kanaky, la RDK était aussi en décentralisée sur la commune de Ponérihouen (commune de la côte Est de la Province Nord) à l'occasion de la fête de la musique. (Sources : site web radio Apal) (Mise en ligne par Naku press le 05/06/2011 à 21h47)


vendredi 3 juin 2011

LA SELECTION HEBDOMADAIRE DE NAKU PRESS / Les brèves régionales

La taxe carbone fait débat en Australie suite à une étude et des recommandations de l’économiste : Rost GARNAUT

Une taxe carbone pour inscrire l’Australie dans l’élan de la protection de l’environnement, ne fait pas l’unanimité, de part l’origine de son prélèvement. L’opposition libérale affirme que cette taxe sera in fine payée par les ménages australiens, alors que l’économiste Rost GARNAUT parle lui de compensations, que l’Etat reverserait 55% des recettes liées à cette taxe aux ménages, 35% aux entreprises et le reste à la recherche et à des mesures de protection de l’environnement. En effet cela fait 10 ans que l’Australie n’a encore rien fait pour la réduction des émissions de carbone. En jouant ce point mort, dans cet élan international, l’Australie risque fort d’être prochainement sujet à de fortes critiques de la communauté internationale. Pour un rétrospectif, à retenir que c’est cette fameuse taxe qui a contribuer à sortir Kevin Rudd du pouvoir, pour laisser place à Julia Gillard en Août 2010, celle –ci ayant annoncé son opposition à cette taxe, un peu pour avoir le soutien des grandes entreprises. Par ailleurs, une grande campagne publicitaire pour le soutien de cette taxe est financée par 11 organisations dont Green peace , wwwf et le climate institute.



Nations océaniennes menacées


Est-ce qu’une nation océanienne sous l’eau a toujours son statut d’Etat ? Une problématique qui intéresse bon nombre de petites îles du Pacifique, menacées par la montée des eaux. Une conférence se déroule actuellement à la Faculté de droit de Columbia aux Etats-Unis. Les experts présents à cette conférence conseillent fortement aux états du pacifique, de mesurer la largeur de leur mer territoriale comme définie par la Convention des Nations Unis sur le droit de la Mer. C’est cette carte qui garantira à ces îles, leur droit à la zone économique exclusive et leurs droits sur la pêche et les ressources minérales, même si elles sont amenées à disparaître sous les eaux. Mais la définition juridique d’un Etat oblige à un minimum de présence, plus qu’un simple phare, il faut au moins la présence de vies humaines d’une manière permanente. La référence, pour confirmer certains concepts telle la création d’îles artificielles avec des installations permanentes, est l’ordre de Malte fondée en 1048. C’est un organisme humanitaire qui sans territoire bénéficie d’une souveraineté. Souverain mais pas indépendant du Vatican. Est-ce que ce concept de souveraineté sans terre est applicable aux petites nations du Pacifique.



PAPOUASIE NELLE GUINEE / La microbank accueille son 100 000 ième client.Nationwide microbank de Papouasie Nelle Guinée, une petite banque qui ne joue pas dans la cour des grands. Elle se tourne surtout vers les « petites gens » : les particuliers, les petits entrepreneurs, les artisans, les agriculteurs, bref les gens qui n’ont pas les moyens d’obtenir un prêt auprès des banques commerciales. Le principe est le suivant : il suffit d’avoir 30% de la somme demandée en prêt, et la microbank ouvre ses caisses. Elle est aussi une caisse d’épargne, pouvant faire fructifier des petites sommes, sachant que les Papous ont l’habitude de cacher leur épargne dans une boîte en fer enterré au fond de leur jardin. La microbank a aussi prévu un dispositif pour les gens n’ayant pas les 30% de départ, pour un prêt, elle prévoit l’apport possible d’un cochon. Depuis 2004 elle a accordé pour plus de 70 Millions de kina soit 27 Millions de dollars australiens. La 100 000 ième client est une maman travaillant dans un café, elle avait besoin d’économiser pour pouvoir payer les frais de scolarité de ses 4 enfants. Les Papous accordent beaucoup d’importance à la scolarité de leurs enfants.



AUSTRALIE / 40 ans d’attente pour des propriétaires fonciers aborigènes. Mise en service depuis 40 ans, la mine de raffinerie de bauxite de Rio Tinto sur la Péninsule de Gove n’a rien versé en compensation aux propriétaires fonciers. Depuis 3 ans, un ancien du Territoire Ylngu Galarwuy Yunupingu a orchestré des négociations avec le géant minier, et a finalement obtenu une compensation via un vaste programme de développement de plus de 700 millions de dollars, échelonnés sur 42 ans. Pour éviter que cela ne prenne l’aspect d’une grande opération d’assistanat, il sera versé une somme annuelle de 15 Millions par an, mais qui dépendra du cours de la bauxite.


(Sources : Radio Australie)


Mise en ligne par Naku press le 03/06/2011



Le PALIKA et le LKS en conférence de presse après une mission à Paris....

Journaliste : Paul Néaoutyine, le porte-parole du Palika, rentré de Paris, tenait une conférence de presse, ce matin, en présence de Nidoïsh Naisseline, du LKS, pour expliquer sa rencontre avec François Fillon, et donner le point de vue de son parti sur la situation politique du moment. Sur la modification technique de la loi organique, prévue fin juin, par l'Assemblée Nationale, le Palika se déclare favorable. Quant au prochain comité des signataires, le Palika y participera, mais pas question de l'instrumentaliser et de le transformer en cellule de négociations pour l'avenir du pays. Son rôle, c'est le suivi de l'Accord de Nouméa. Sur un plan politique, le Palika dénonce les tractations occultes du RUMP et de l'UC visant à trouver, je cite, un deal politique sur l'avenir institutionnel du pays. Des négociations qui ne devront, selon le Palika, être lancées qu'à la prochaine mandature, celle de 2014-2018. Y a-t-il, alors, oui ou non, dans le monde indépendantiste, une division ? Et si oui, à qui la faute ? Paul Néaoutyine :

Paul Néaoutyine : Est-ce qu'il y a une division sur le projet d'indépendance ? Il n'y a pas de division sur le projet d'indépendance. Il y a deux postures différentes, puisque le Parti travailliste, comme les dirigeants de l'UC, prétendent qu'en 2014, on va accéder à l'indépendance. Nous, nous disons, en tant que signataires de l'Accord de Nouméa, qu'en 2014 commence une nouvelle mandature, qui va durer 5 ans, comme les autres, et c'est pendant cette mandature qu'une majorité des trois cinquièmes peut décider de l'organisation du référendum de sortie. Il y a une interprétation qui semble se rapprocher, le positionnement de l'UC et du Parti travailliste, qui semble se rapprocher de la position annoncée par Pierre Frogier, de "purger l'indépendance en 2014". Donc, est-ce que ça signifie qu'ils sont en train de concocter un statut, un nouveau dispositif, qui ferait que la Nouvelle-Calédonie reste dans le giron de la France ? Voilà, c'est pour réunir des éléments, mais il n'est pas prévu de discussions ou de négociations avant 2014. Sur cet aspect-là, nous ne sommes pas d'accord avec le positionnement pris par certains qui sont en train de s'afficher à l'intérieur du conseil politique, alors que le FLNKS n'a pas été dans ce sens-là.