mardi 15 février 2011

Irian Jaya, une lutte sous silence...

Papouasie-Indonésie-armée-police-immigration-frontières: Opération nettoyage à la frontière papoue : réactions plus que mitigées PORT-MORESBY, mardi 1er février 2011 (Flash d'Océanie) –

L’opération « Sunset Merona », lancé mi-janvier 2011 par la police et l’armée de Papouasie-Nouvelle-Guinée, avec comme objectif affiché de « nettoyer » la zone frontalière, proche de la province indonésienne de Papouasie occidentale (Irian Jaya) suscite depuis des réactions hostiles, notamment de la part des élus locaux et des populations.
Cette opération, depuis la capitale provinciale de Vanimo, ville papoue la plus proche de la frontière avec l’Irian Jaya, était censée rapidement mettre un terme aux activités jugées illégales de trafic d’armes, de marchandises et de personnes, dans une zone où, ces dernières années, plusieurs accrochages et poursuites entre le mouvement rebelle indépendantiste OPM (mouvement mélanésien de libération de la Papouasie) et les forces indonésiennes se sont terminés de l’autre côté de la frontière.Mais face à une opposition grandissante des populations locales, qui se déclarent persuadées que plusieurs maisons ont été incendiées par des éléments présumés appartenir à la police et à l’armée, le ton est monté de la part des élus, dans le cadre d’un débat désormais national.
Dernier politique à se joindre au débat : Powes Parkop, gouverneur de la Province de la capitale Port-Moresby, qui estimait lundi sans ambages que cette opération avait «fait plus de mal que de bien» et devait par conséquent être interrompue, rapporte mardi le quotidien The National.Le Gouverneur a poussé plus loin sa démarche en adressant directement une lettre au Premier ministre papou Sir Michael Somare, dans laquelle il estime que cette opération de «nettoyage» sert avant tout les intérêts de l’Indonésie voisine.« J’en appelle à vous pour mettre immédiatement un terme à cette opération, étant donné que de toute évidence, notre gouvernement et notre police sont utilisés par le gouvernement indonésien pour harceler et opprimer des soupçonnés activistes qui mènent campagne pour l’indépendance de la Papouasie occidentale », rapporte le quotidien, citant un extrait de la lettre envoyée au chef de l’exécutif.
Selon les derniers comptes établis sur place, depuis le début de cette opération, plus de soixante quinze personnes réputées provenir de la province indonésienne voisine d’Irian Jaya ont été interpellées et depuis maintenues en détention e attendant d’être expulsées de l’autre côté de la frontière.Ils sont tous soupçonnés d’appartenir à l’organisation indépendantiste OPM.Au fil de ces opérations, de nombreuses maisons ont été incendiées, ainsi que des cultures vivrières appartenant à des riverains.
Le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations-Unies (UNHCR), qui s’est rapproché depuis le mois dernier du gouvernement afin d’obtenir des assurances concernant le traitement réservés aux personnes interpellées dans le cadre de cette opération, aurait obtenu, via son représentant local, Walpurga Englbrecht, des engagements selon lesquels les droits humains des personnes concernées seraient « respectés », y compris pour les personnes vivant dans les camps ciblés.
«Nous avons été informés par les autorités de leur intention de fermer plusieurs de ces camps, car ils sont utilisés pour des activités d’entraînement. On nous a dit aussi que les identités de toutes les personnes seraient vérifiées et qu’aucune d’entre elles ne serait expulsée vers la Papouasie occidentale», précisait M. Englbrecht en fin de semaine dernière.

Tortures en Papouasie occidentale : trois soldats légèrement condamnés En Indonésie, la semaine dernière, un tribunal militaire a condamné trois soldats à des peines légères (entre huit et dix mois de prison) après les avoir reconnus coupables d’avoir conduit un « interrogatoire » impliquant des actes de torture sur un homme soupçonné d’être un membre de l’OPM et dont les images, capturées par téléphone mobile et postées sur Internet, avaient choqué le monde entier.Officiellement, la condamnation de l’armée s’appuie sur un « refus d’obéir aux ordres ».Il n’est pas fait mention de torture.

Zone sensible

Ces dernières années aussi, les autorités des deux pays ont tenu une série de rencontres au sommet avec comme principal ordre du jour une meilleure sécurisation de cette zone frontalière, réputée trop perméable.Les « débordements » de la police et de l’armée indonésienne en territoire papou avaient aussi, à plusieurs reprises, créé de vives tensions entre les deux pays.Pour cette opération menée en mode coup de filet et censée durer un mois et demi, un accent particulier est porté sur les activités de trafic d’armes, de stupéfiants ou encore de blanchiment d’argent.Le Colonel Vagi Oala, qui commande le contingent de l’armée papoue participant à ces opérations, s’adressant à ses soldats en janvier 2011, leur a donné pour instruction de « localiser, fouiller et détruire » d’éventuels camps rebelles de l’OPM (Operasi Papua Merdeka), rapportait la semaine dernière le quotidien papou The National. « Leur présence sur notre sol est illégale, elle a aussi perturbé les activités normales de nos concitoyens le long de la frontière », a lancé l’officier.Le Premier ministre papou, Sir Michael Somare, renchérissait pour sa part en fin de semaine dernière en affirmant que cette opération était largement menée en réponse à une demande des populations riveraines, dans la province du Sépik oriental.Un vieux contentieux source de vives tensionsEn juillet 2008, le gouvernement indonésien avait dû présenter ses excuses à la Papouasie-Nouvelle-Guinée à la suite d'incursions de soldats en territoire papou, dans la zone frontalière de Vanimo.

L’ambassade indonésienne à Port-Moresby avait alors fait valoir que ces incursions seraient dues au fait que les soldats de l'armée indonésienne, postés de l'autre côté de la frontière, n'auraient pas été mis au courant des emplacements exacts de la frontière qui sépare l'île de Nouvelle-Guinée.À l'Ouest, cette île est sous souveraineté indonésienne, avec sa province de Papouasie occidentale (Irian Jaya). À l'Est, c'est l'État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée.À l’époque, Djakarta expliquait ce « malentendu » par l’arrivée de soldats nouvellement postés dans cette zone frontalière, qui sépare la province indonésienne de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et qui « n'ont pas reçu de briefings ». Selon la version officielle, ils auraient par conséquent "franchi par erreur" cette frontière. «La plupart d'entre eux sont jeunes et se sont probablement laissés emporter par les paysages magnifiques, sans réaliser ce qu'ils faisaient», pouvait-on lire dans un communiqué de l'ambassade indonésienne, qui assure que les prochains soldats, avant leur déploiement, seraient dûment briefés.

Terreur

L'ambassade indonésienne avait toutefois vivement contesté le fait qu'entre le 30 mai et le 13 juillet 2008, pas moins de cinq incursions avaient eu lieu en territoire papou.Cet échange de politesses intervenait alors qu’à peu près à la même époque, le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée s'était officiellement inquiété d'une recrudescence des incursions de la part de l'armée indonésienne.Belden Namah, alors ministre des forêts, après une visite à Vanimo, n'avait pas hésité à demander que la frontière soit fermée jusqu'à ce que la situation s'éclaircisse et trouve une solution pérenne.L'élu papou affirmait par ailleurs avoir rencontré des villageois de sa circonscription qui affirmaient vivre sous le règne de la terreur, du fait des passages fréquents des militaires indonésiens.Les militaires auraient aussi, à plusieurs reprises, ouvertement ignoré la frontière et inscrit le numéro de leur bataillon à la peinture, sur une borne matérialisant le changement de territoire.Ces dix dernières années, à la suite d’incidents similaires dans cette zone, la frontière avait à plusieurs reprises été purement et simplement fermée.
Au fil des ans, la ville de Vanimo a dû accueillir des réfugiés, transfuges d'Irian Jaya, où le mouvement indépendantiste OPM (Operasi Papua Merdeka) mène depuis une trentaine d'années une lutte pour son indépendance de Djakarta.Les incursions de soldats indonésiens, le plus souvent le résultat de poursuites lancées contre les rebelles mélanésiens, avaient à l'époque été vigoureusement démenties par les autorités papoues et indonésiennes.La population d'Irian Jaya est essentiellement mélanésienne et dans la région de Vanimo, de part et d’autre, de la frontière, plusieurs villages et tribus sont coupés en deux.

Précédents mouvements de troupes indonésiennes

Début 2003, quelque mille cinq cents soldats de l'armée indonésienne avaient été concentrés à la frontière.Ces mouvements de troupes avaient alors suscité une très vive inquiétude de la part des autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée, avant que les gouvernements papou et indonésien concluent finalement un précaire accord frontalier censé proroger de dix ans un précédent traité.
Dans le cadre de ce même accord, les deux pays s’étaient accordés pour construire de nouveaux postes de contrôle dans leurs provinces respectives.Toutefois, depuis, de nouveaux accrochages ont eu lieu de manière régulière.La situation a été compliquée par la présence quasi-permanente de plusieurs centaines de clandestins, réfugiés d'Irian Jaya pour échapper aux violences.

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Le gouvernement "Gomès" devrait chuter...

"Un parti indépendantiste menace de faire tomber le gouvernement

Politique lundi 14 février 2011
L'Union calédonienne menace de faire chuter le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, dénonçant le positionnement de son président au sujet des deux drapeaux de l'archipel, a annoncé, ce week-end, le parti indépendantiste.Réuni à Thio, le comité directeur de l'UC, parti du FLNKS (Front de libération nationale kanak socialiste) reproche au chef de l'exécutif, Philippe Gomes, d'être opposé au choix de deux drapeaux - tricolore et kanak - comme emblême de l'archipel. L'UC estime que Gomes est responsable du fait que quatre communes calédoniennes n'ont pas hissé les deux étendards. «On ne peut pas continuer à construire avec ceux qui font de l'obstruction», a déclaré Charles Pidjot, président de l'UC.Le parti indépendantiste dispose de trois membres sur onze, au sein du gouvernement collégial, élu par les membres du Congrés selon un scrutin de listes. Pour faire tomber le gouvernement, il faut que les trois «ministres» UC démissionnent ainsi que tous leurs suivants de liste, dont plusieurs sont issus d'autres formations du FLNKS. «La décision de l'UC sera débattue mardi. Elle risque d'entrainer un enchaînement de conséquences auxquelles il faut réfléchir», a déclaré l'un d'eux à l'AFP.Philippe Gomes a en effet menacé de provoquer de nouvelles élections territoriales, accusant l'UC de «manoeuvrer» avec l'appui du Rassemblement-UMP pour«placardiser» son parti, Calédonie ensemble. «Le drapeau est un prétexte. On ne va pas faire de nouvelle majorité dans le dos des Calédoniens», a-t-il déclaré surNouvelle-Calédonie Première. La droite non indépendantiste est majoritaire au Congrès de Nouvelle-Calédonie, territoire autonome, mais elle est éclatée en plusieurs formations qui se querellent."
Article paru le 14 février 2011 dans "Ouest-France".

dimanche 6 février 2011

Mission de rapport spécial des droits des peuples autochtones en Kanaky

New York, Feb 4 2011 10:50AM

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, James Anaya, effectuera sa première mission de terrain en Nouvelle Calédonie du 6 au 13 février 2011. « Le but de ma visite est d';examiner la situation du peuple autochtone kanak de Nouvelle Calédonie à la lumière des normes internationales en vigueur », a déclaré l';expert indépendant, qui visitera le pays à l';invitation du gouvernement français. « Je suis convaincu que cette visite sera extrêmement fructueuse et qu';elle constituera une occasion unique et précieuse de dialogue et de consultation ». Durant son séjour, le Rapporteur Spécial rencontrera de nombreux interlocuteurs issus de la société civile comme du gouvernement, de même que des représentants des peuples kanaks. Le Rapporteur Spécial se rendra à Nouméa, Koné, Thio, Sarramea, Lifou, Ouvéa et Goro. M. Anaya achèvera sa mission en se rendant à Paris au mois de mars prochain afin de rencontrer les représentants du gouvernement en charge de la Nouvelle Calédonie, et d';achever l';examen des questions relatives à son mandat.

Le Rapporteur spécial présentera un rapport ultérieurement au Conseil des droits de l';homme sur le stade de réalisation des droits du peuple autochtone kanak, tout en proposant des recommandations pour leur plein accomplissement.

Feb 4 2011 10:50AM
Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d'information http://www.un.org/french/newscentre/

Voir le programme de la visite du rapport spécial dans http://marinakahlemu.wordpress.com/
Voir également http://www.survivalfrance.org/actu/6984

vendredi 4 février 2011

KAREMBEU, un champion kanak...

Découvrez le parcours exceptionnel de Christian Karembeu
Champion du monde en 1998, Christian Karembeu est l’un des footballeurs français les plus titrés. Surnommé le « Cheval fou », sa rapidité et son endurance en ont fait un joueur hors normes tandis que son mariage avec le top model, Adriana Sklenarikova, l’a projeté dans l’univers des « people ».
Ce récit biographique vous fera découvrir le champion et l’homme, au sourire lumineux et à la stature de guerrier, dont on sait encore peu de choses.

jeudi 3 février 2011

Lettre ouverte du CNTP aux partis politiques sur le conflit Mac Do

Confédération Nationale des Travailleurs du Pacifique

Nouméa, le 2 février 2011

Aux
Groupes politiques du Congrès de la Nouvelle-Calédonie

Objet : Lettre ouverte aux groupes politiques du Congrès de Nouvelle-Calédonie relative à la situation sociale des camarades de Mc Donald’s

Messieurs,
Depuis le 16 octobre 2010, la CNTP est en conflit avec Monsieur Patrick Lafleur, directeur des sociétés Mc Donald’s implantées à Nouméa et à Koutio pour des revendications liées aux conditions de travail précaires qui ne permettent pas aux travailleurs d’avoir une vie décente.
Le constat est qu’en dessous de 100 heures, l’emploi est plus que précaire : personne ne peut vivre avec des salaires bien inférieurs au SMIG. La majorité de ces jeunes mamans, dont les contrats sont à durée indéterminée, ont une fourchette de quotas d’heures de 40 à 60 heures et ne peuvent prétendre bénéficier des prestations familiales comme les allocations familiales.
La volonté de la confédération est de relever le niveau de prestations par la mise en place successive de quota d’heures de travail atteignant 100 heures : on ne demande pas 169 heures ce qui pourrait garantir un salaire confortable aux salariés. Nous comprenons que le type de contrat élaboré par la restauration collective est particulier et que, pour l’instant, nous sollicitons que le quota d’heures de travail soit porté à 100 heures.

La direction a opposé une fin de non-recevoir car elle avance la position d’une entreprise qui n’apporte pas de plus-value à l’économie locale.
Le constat est parlant : Monsieur Patrick Lafleur, directeur des 2 McDonalds, perçoit un chiffre d’affaire annuel d’1 milliard 250 millions F CFP pour une charge financière de 300 millions de F CFP. Vous constaterez le profit que fait la société Mc Donald’s. L’incidence financière des revendications des camarades est de 20 millions F CFP. Ceci représente moins de 2% du chiffre d’affaire autant dire rien du tout.
Au sortir de 4 réunions de médiation où la CNTP n’a cessé de faire des compromis pour avancer des solutions satisfaisantes, force est de constater que la direction de Mc Do n’a pas du tout l’intention de sortir du conflit.

Les licenciements des 11 camarades pour des motifs contestables sont une autre preuve de ce type de comportement paternaliste d’un autre temps. Les salariés ne sont pas des enfants qu’on gronde quand ils font des fautes ou qu’on récompense quand il faut faire plaisir. Cette méthode managériale d’un traitement partial des syndicats dans les entreprises engendre aigreur et rancune parmi les salariés. De telles méthodes de gérer une société doivent être condamnées.
Ainsi, nous vous interpellons en tant qu’organisation politique dont l’objectif est d’enrayer l’existence de situations sociales arbitraires dans le cadre d’un pays en devenir afin de porter une oreille attentive à nos doléances et élaborer conjointement une méthode de lutte afin que de pareilles situations ne se reproduisent plus.

Pour cela, nous souhaitons être entendus par votre groupe politique afin de présenter les doléances liées à cette situation et élaborer les bases d’un processus nouveau dont l’objectif final est de combattre toutes injustices sociales où qu’elles soient.

En vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à notre lettre, nous vous prions d’agréer, Messieurs, l’expression de nos salutations distinguées.

Pour la CNTP,
Daniel WAHMETU
Vice-président

mardi 1 février 2011

Le conflit Mac DO: un combat légitime et noble...

Retranscription "mot à mot" d'une interview réalisée par la radio du peuple, Djiido, le 1 février 2011 dans le cadre du conflit Mas Do; un conflit engagé depuis 4 mois par le syndicat CNTP....

Journaliste : Les grévistes de la CNTP, la Confédération nationale des travailleurs du Pacifique, ont rencontré l'élu FLNKS de la province Sud Sylvain Pabouty, ce matin, sur leur piquet de grève, à Koutio. Une rencontre où les grévistes ont pu lui rendre compte de la situation du conflit qui les oppose à la direction du Mc Donald. Un conflit qui dure depuis presque quatre mois et qui n'avance pas, malgré quatre réunions de négociation. Selon l'élu FLNKS à la province Sud, il faut que les institutions prennent position. Sylvain Pabouty :

Sylvain Pabouty : C'est très, très important de venir les rencontrer, d'avoir des informations directement par les grévistes qui sont sur ce conflit-là, depuis quatre mois. Et malgré les démarches auprès de la direction du travail pour discuter, notamment avec le patronat, et notamment le patron de la société Mc Donald, Patrick Lafleur, rien n'a évolué concrètement pour eux. Et pourtant, quand on regarde bien, quand on connaît un petit peu mieux le dossier, on peut dire que c'est un combat qui est un combat légitime, un combat noble. Ce sont souvent des jeunes et beaucoup des mamans, mais il y a même d'autres qui sont un peu plus âgés mais qui travaillent pour presque rien, qui n'ont pas d'heures suffisantes pour pouvoir bénéficier d'un certain nombre d'avantages, notamment à la Cafat, etc. La revendication, grosso-modo, c'est de dire que dans une société qui fait plus d'un milliard 250 millions par an de chiffre d'affaires, qu'est-ce que c'est une petite revendication d'améliorer le salaire ? Parce qu'ils ne demandent pas grand-chose, ils demandent donc de 50 à 40 heures, de passer à 80-85 et demandent une prime d'intéressement. Ils demandent juste des choses qui sont très légitimes. Dans la société où on vit bien, où on voit des milliards se déverser, on voit des grands projets, on voit des salaires mirobolants, etc., notamment dans la fonction publique, et il y a juste quelques familles qui demandent un peu plus, quoi, qu'on reconnaisse bien dans leur travail. Et c'est très important de venir et puis discuter, se rendre compte sur place des conditions de travail et puis de faire en sorte que les institutions se positionnent par rapport à ce problème-là. Et, pour l'instant, on n'a pas…, donc, le Gouvernement, les provinces, et surtout le Gouvernement n'a pas encore pris de position. Moi, j'aimerais bien que le Gouvernement puisse dire ce qu'il en pense par rapport à ce conflit qui dure depuis plus de quatre mois.

Journaliste : Quant aux grévistes, ils sont satisfaits de la rencontre. Daniel Wametu, vice-président de la CNTP :

Daniel Wametu : Très satisfait parce qu'on disait, depuis le début du conflit, c'est qu'il fallait qu'on ait une interface politique pour relayer le bien-fondé de nos revendications, et ce qu'on a trouvé aujourd'hui, ça répond pleinement à nos attentes. Donc, à partir de là, il y a des choses qu'on leur a demandé de faire pour la CNTP. Ils nous ont répondu affirmativement, et donc, d'ici fin de semaine, on attend à se remettre encore en relation et puis envisager des moyens d'actions.

Journaliste : Donc, vous leur avez demandé quelque chose, vous le disiez à l'instant, comme quoi par exemple ?

Daniel Wametu : Déjà, au niveau des moyens de pression vis-à-vis du Gouvernement, parce qu'on a pas mal de revendications, notamment liées à l'attribution de local syndical ou que le Gouvernement nous reçoive pour expliquer le conflit. Donc, ils vont se faire le relais à ce niveau-là, et pareil, des questions orales au niveau du Gouvernement, ils vont le faire pour ça.

Journaliste : D'autres rencontres sont prévues avec le rapporteur spécial de l'ONU ?

Daniel Wametu : Tout à fait. Alors, il y a une très bonne chose aussi qu'on a pu avoir, au niveau de la CNTP : on s'est intégré, par l'intermédiaire du CNDPA, dans les relations…, dans l'élaboration du programme du rapporteur spécial de l'ONU. On a fait tout un travail avec le sénat coutumier, puisque c'est le sénat coutumier qui est le maître d'œuvre dans la visite de ce rapporteur spécial, et pour ce qui concerne la CNTP, on sera reçus mardi prochain. L'heure n'est pas encore fixée, mais c'est mardi prochain, après 16 h.

"Nous sommes, nous, PTOM, et notamment les PTOM français, des petits bouts d'Europe..."

Selon Gomès P, le président du gouvernement du pays, "nous sommes, nous, PTOM, et notamment les PTOM français, des petits bouts d'Europe...". Ce qui a fait réagir un ami... Réaction...

Bonjour Sylvain,

Le discours de Philippe Gomès est vraiment décevant : nous sommes des petits bouts d’Europe, les valeurs de l’Europe…. Accepter les financements de l’Europe est une chose, en épouser les valeurs en est une autre. Tout ça est quand même un peu loin de la réalité calédonienne et notamment de l’accord de Nouméa qu’il évoque à tout bout de champs. C’est quoi ce qu’il propose : le destin commun européen… ? Je crois que ses propos trahissent sa pensée profonde qui se révèle de plus en plus néo colonialiste.

Amicalement.

B.

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Retranscription "mot à mot" d'une interview de P.Gomès réamisé par RNC le 1e février 2011 sur le PTOM....

Journaliste : Les représentants des pays et territoires d'outre-mer français de l'Europe se retrouvaient, eux, à Paris, pour préparer le document qu'ils vont soumettre aux instances européennes, lors du prochain forum des PTOM à Nouméa, ce sera le 28 février, chez nous donc. C'est la Nouvelle-Calédonie qui assume la présidence tournante de l'association des pays et territoires d'outre-mer, cette année. Et le président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Philippe Gomès, est plutôt optimiste quant aux résultats de ce forum. Il a expliqué pourquoi :

Philippe Gomès : Nous souhaitons avoir des thématiques qui soient identifiées, où l'Europe nous apporte son expertise et des financements plus importants. C'est notamment tout ce qui relève de l'environnement, de la recherche, de l'innovation, où les PTOM ont une vraie valeur ajoutée, où ils doivent pouvoir continuer à progresser avec le concours de l'Europe. Le deuxième aspect, c'est que nous sommes, nous, PTOM, et notamment les PTOM français, des petits bouts d'Europe. Partout dans le monde, nous véhiculons les valeurs de l'Europe, les convictions de l'Europe, les projets de l'Europe. Nous véhiculons des notions aussi essentielles que celles de bonne gouvernance ou de développement durable. Et à ce titre-là, nous devons bénéficier de la part de l'Europe, parce que nous portons sa voix partout dans le monde, je dirais, de davantage de considération, de prise en compte de nos particularités, de nos spécificités, de nos besoins. C'est ça aussi que veut exprimer la position commune qui aura vocation à être adoptée par les quatre États membres, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Danemark, et des 21 PTOM qui relèvent de ces quatre États membres, lors de la conférence qui se tiendra à Nouméa, le 28 février prochain.