dimanche 6 février 2011

Mission de rapport spécial des droits des peuples autochtones en Kanaky

New York, Feb 4 2011 10:50AM

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, James Anaya, effectuera sa première mission de terrain en Nouvelle Calédonie du 6 au 13 février 2011. « Le but de ma visite est d';examiner la situation du peuple autochtone kanak de Nouvelle Calédonie à la lumière des normes internationales en vigueur », a déclaré l';expert indépendant, qui visitera le pays à l';invitation du gouvernement français. « Je suis convaincu que cette visite sera extrêmement fructueuse et qu';elle constituera une occasion unique et précieuse de dialogue et de consultation ». Durant son séjour, le Rapporteur Spécial rencontrera de nombreux interlocuteurs issus de la société civile comme du gouvernement, de même que des représentants des peuples kanaks. Le Rapporteur Spécial se rendra à Nouméa, Koné, Thio, Sarramea, Lifou, Ouvéa et Goro. M. Anaya achèvera sa mission en se rendant à Paris au mois de mars prochain afin de rencontrer les représentants du gouvernement en charge de la Nouvelle Calédonie, et d';achever l';examen des questions relatives à son mandat.

Le Rapporteur spécial présentera un rapport ultérieurement au Conseil des droits de l';homme sur le stade de réalisation des droits du peuple autochtone kanak, tout en proposant des recommandations pour leur plein accomplissement.

Feb 4 2011 10:50AM
Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d'information http://www.un.org/french/newscentre/

Voir le programme de la visite du rapport spécial dans http://marinakahlemu.wordpress.com/
Voir également http://www.survivalfrance.org/actu/6984

vendredi 4 février 2011

KAREMBEU, un champion kanak...

Découvrez le parcours exceptionnel de Christian Karembeu
Champion du monde en 1998, Christian Karembeu est l’un des footballeurs français les plus titrés. Surnommé le « Cheval fou », sa rapidité et son endurance en ont fait un joueur hors normes tandis que son mariage avec le top model, Adriana Sklenarikova, l’a projeté dans l’univers des « people ».
Ce récit biographique vous fera découvrir le champion et l’homme, au sourire lumineux et à la stature de guerrier, dont on sait encore peu de choses.

jeudi 3 février 2011

Lettre ouverte du CNTP aux partis politiques sur le conflit Mac Do

Confédération Nationale des Travailleurs du Pacifique

Nouméa, le 2 février 2011

Aux
Groupes politiques du Congrès de la Nouvelle-Calédonie

Objet : Lettre ouverte aux groupes politiques du Congrès de Nouvelle-Calédonie relative à la situation sociale des camarades de Mc Donald’s

Messieurs,
Depuis le 16 octobre 2010, la CNTP est en conflit avec Monsieur Patrick Lafleur, directeur des sociétés Mc Donald’s implantées à Nouméa et à Koutio pour des revendications liées aux conditions de travail précaires qui ne permettent pas aux travailleurs d’avoir une vie décente.
Le constat est qu’en dessous de 100 heures, l’emploi est plus que précaire : personne ne peut vivre avec des salaires bien inférieurs au SMIG. La majorité de ces jeunes mamans, dont les contrats sont à durée indéterminée, ont une fourchette de quotas d’heures de 40 à 60 heures et ne peuvent prétendre bénéficier des prestations familiales comme les allocations familiales.
La volonté de la confédération est de relever le niveau de prestations par la mise en place successive de quota d’heures de travail atteignant 100 heures : on ne demande pas 169 heures ce qui pourrait garantir un salaire confortable aux salariés. Nous comprenons que le type de contrat élaboré par la restauration collective est particulier et que, pour l’instant, nous sollicitons que le quota d’heures de travail soit porté à 100 heures.

La direction a opposé une fin de non-recevoir car elle avance la position d’une entreprise qui n’apporte pas de plus-value à l’économie locale.
Le constat est parlant : Monsieur Patrick Lafleur, directeur des 2 McDonalds, perçoit un chiffre d’affaire annuel d’1 milliard 250 millions F CFP pour une charge financière de 300 millions de F CFP. Vous constaterez le profit que fait la société Mc Donald’s. L’incidence financière des revendications des camarades est de 20 millions F CFP. Ceci représente moins de 2% du chiffre d’affaire autant dire rien du tout.
Au sortir de 4 réunions de médiation où la CNTP n’a cessé de faire des compromis pour avancer des solutions satisfaisantes, force est de constater que la direction de Mc Do n’a pas du tout l’intention de sortir du conflit.

Les licenciements des 11 camarades pour des motifs contestables sont une autre preuve de ce type de comportement paternaliste d’un autre temps. Les salariés ne sont pas des enfants qu’on gronde quand ils font des fautes ou qu’on récompense quand il faut faire plaisir. Cette méthode managériale d’un traitement partial des syndicats dans les entreprises engendre aigreur et rancune parmi les salariés. De telles méthodes de gérer une société doivent être condamnées.
Ainsi, nous vous interpellons en tant qu’organisation politique dont l’objectif est d’enrayer l’existence de situations sociales arbitraires dans le cadre d’un pays en devenir afin de porter une oreille attentive à nos doléances et élaborer conjointement une méthode de lutte afin que de pareilles situations ne se reproduisent plus.

Pour cela, nous souhaitons être entendus par votre groupe politique afin de présenter les doléances liées à cette situation et élaborer les bases d’un processus nouveau dont l’objectif final est de combattre toutes injustices sociales où qu’elles soient.

En vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à notre lettre, nous vous prions d’agréer, Messieurs, l’expression de nos salutations distinguées.

Pour la CNTP,
Daniel WAHMETU
Vice-président

mardi 1 février 2011

Le conflit Mac DO: un combat légitime et noble...

Retranscription "mot à mot" d'une interview réalisée par la radio du peuple, Djiido, le 1 février 2011 dans le cadre du conflit Mas Do; un conflit engagé depuis 4 mois par le syndicat CNTP....

Journaliste : Les grévistes de la CNTP, la Confédération nationale des travailleurs du Pacifique, ont rencontré l'élu FLNKS de la province Sud Sylvain Pabouty, ce matin, sur leur piquet de grève, à Koutio. Une rencontre où les grévistes ont pu lui rendre compte de la situation du conflit qui les oppose à la direction du Mc Donald. Un conflit qui dure depuis presque quatre mois et qui n'avance pas, malgré quatre réunions de négociation. Selon l'élu FLNKS à la province Sud, il faut que les institutions prennent position. Sylvain Pabouty :

Sylvain Pabouty : C'est très, très important de venir les rencontrer, d'avoir des informations directement par les grévistes qui sont sur ce conflit-là, depuis quatre mois. Et malgré les démarches auprès de la direction du travail pour discuter, notamment avec le patronat, et notamment le patron de la société Mc Donald, Patrick Lafleur, rien n'a évolué concrètement pour eux. Et pourtant, quand on regarde bien, quand on connaît un petit peu mieux le dossier, on peut dire que c'est un combat qui est un combat légitime, un combat noble. Ce sont souvent des jeunes et beaucoup des mamans, mais il y a même d'autres qui sont un peu plus âgés mais qui travaillent pour presque rien, qui n'ont pas d'heures suffisantes pour pouvoir bénéficier d'un certain nombre d'avantages, notamment à la Cafat, etc. La revendication, grosso-modo, c'est de dire que dans une société qui fait plus d'un milliard 250 millions par an de chiffre d'affaires, qu'est-ce que c'est une petite revendication d'améliorer le salaire ? Parce qu'ils ne demandent pas grand-chose, ils demandent donc de 50 à 40 heures, de passer à 80-85 et demandent une prime d'intéressement. Ils demandent juste des choses qui sont très légitimes. Dans la société où on vit bien, où on voit des milliards se déverser, on voit des grands projets, on voit des salaires mirobolants, etc., notamment dans la fonction publique, et il y a juste quelques familles qui demandent un peu plus, quoi, qu'on reconnaisse bien dans leur travail. Et c'est très important de venir et puis discuter, se rendre compte sur place des conditions de travail et puis de faire en sorte que les institutions se positionnent par rapport à ce problème-là. Et, pour l'instant, on n'a pas…, donc, le Gouvernement, les provinces, et surtout le Gouvernement n'a pas encore pris de position. Moi, j'aimerais bien que le Gouvernement puisse dire ce qu'il en pense par rapport à ce conflit qui dure depuis plus de quatre mois.

Journaliste : Quant aux grévistes, ils sont satisfaits de la rencontre. Daniel Wametu, vice-président de la CNTP :

Daniel Wametu : Très satisfait parce qu'on disait, depuis le début du conflit, c'est qu'il fallait qu'on ait une interface politique pour relayer le bien-fondé de nos revendications, et ce qu'on a trouvé aujourd'hui, ça répond pleinement à nos attentes. Donc, à partir de là, il y a des choses qu'on leur a demandé de faire pour la CNTP. Ils nous ont répondu affirmativement, et donc, d'ici fin de semaine, on attend à se remettre encore en relation et puis envisager des moyens d'actions.

Journaliste : Donc, vous leur avez demandé quelque chose, vous le disiez à l'instant, comme quoi par exemple ?

Daniel Wametu : Déjà, au niveau des moyens de pression vis-à-vis du Gouvernement, parce qu'on a pas mal de revendications, notamment liées à l'attribution de local syndical ou que le Gouvernement nous reçoive pour expliquer le conflit. Donc, ils vont se faire le relais à ce niveau-là, et pareil, des questions orales au niveau du Gouvernement, ils vont le faire pour ça.

Journaliste : D'autres rencontres sont prévues avec le rapporteur spécial de l'ONU ?

Daniel Wametu : Tout à fait. Alors, il y a une très bonne chose aussi qu'on a pu avoir, au niveau de la CNTP : on s'est intégré, par l'intermédiaire du CNDPA, dans les relations…, dans l'élaboration du programme du rapporteur spécial de l'ONU. On a fait tout un travail avec le sénat coutumier, puisque c'est le sénat coutumier qui est le maître d'œuvre dans la visite de ce rapporteur spécial, et pour ce qui concerne la CNTP, on sera reçus mardi prochain. L'heure n'est pas encore fixée, mais c'est mardi prochain, après 16 h.

"Nous sommes, nous, PTOM, et notamment les PTOM français, des petits bouts d'Europe..."

Selon Gomès P, le président du gouvernement du pays, "nous sommes, nous, PTOM, et notamment les PTOM français, des petits bouts d'Europe...". Ce qui a fait réagir un ami... Réaction...

Bonjour Sylvain,

Le discours de Philippe Gomès est vraiment décevant : nous sommes des petits bouts d’Europe, les valeurs de l’Europe…. Accepter les financements de l’Europe est une chose, en épouser les valeurs en est une autre. Tout ça est quand même un peu loin de la réalité calédonienne et notamment de l’accord de Nouméa qu’il évoque à tout bout de champs. C’est quoi ce qu’il propose : le destin commun européen… ? Je crois que ses propos trahissent sa pensée profonde qui se révèle de plus en plus néo colonialiste.

Amicalement.

B.

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Retranscription "mot à mot" d'une interview de P.Gomès réamisé par RNC le 1e février 2011 sur le PTOM....

Journaliste : Les représentants des pays et territoires d'outre-mer français de l'Europe se retrouvaient, eux, à Paris, pour préparer le document qu'ils vont soumettre aux instances européennes, lors du prochain forum des PTOM à Nouméa, ce sera le 28 février, chez nous donc. C'est la Nouvelle-Calédonie qui assume la présidence tournante de l'association des pays et territoires d'outre-mer, cette année. Et le président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Philippe Gomès, est plutôt optimiste quant aux résultats de ce forum. Il a expliqué pourquoi :

Philippe Gomès : Nous souhaitons avoir des thématiques qui soient identifiées, où l'Europe nous apporte son expertise et des financements plus importants. C'est notamment tout ce qui relève de l'environnement, de la recherche, de l'innovation, où les PTOM ont une vraie valeur ajoutée, où ils doivent pouvoir continuer à progresser avec le concours de l'Europe. Le deuxième aspect, c'est que nous sommes, nous, PTOM, et notamment les PTOM français, des petits bouts d'Europe. Partout dans le monde, nous véhiculons les valeurs de l'Europe, les convictions de l'Europe, les projets de l'Europe. Nous véhiculons des notions aussi essentielles que celles de bonne gouvernance ou de développement durable. Et à ce titre-là, nous devons bénéficier de la part de l'Europe, parce que nous portons sa voix partout dans le monde, je dirais, de davantage de considération, de prise en compte de nos particularités, de nos spécificités, de nos besoins. C'est ça aussi que veut exprimer la position commune qui aura vocation à être adoptée par les quatre États membres, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Danemark, et des 21 PTOM qui relèvent de ces quatre États membres, lors de la conférence qui se tiendra à Nouméa, le 28 février prochain.

lundi 24 janvier 2011

Affaire levée de drapeau à La Foa (suite)

(Photo Madoÿ: Patrick Hoeléro, chemise hawaienne vert-blanc, aux côtés du président du Parti Travailliste, Louis Kotra Uregei)
Parcequ'il a été cité deux fois dans le courrier de Madame le maire de La Foa adressé à Jean Paul POIWI, président du Conseil de district Cîrii, à propos de la levée du drapeau kanak, Patrick Holéro, porte parole du même conseil, répond à son tour à la mairesse. Rapppelons que Madoÿ a reproduit sur le blog la réaction de Jean Paul POIWI (http://madoy-nakupress.blogspot.com/2011/01/photo-madoy-jean-paul-poiwi-en-tee.html)


Explications...


Madame le maire,

Dans le courrier en date du 12 janvier 2011 adressé à Monsieur Jean Paul POIWI, président du conseil de district Cîrii, vous citez mon nom deux fois avec une présentation qui sous-entend que je serais un peu l’instigateur voire le manipulateur des coutumiers de la région pour la tentative de levée du drapeau kanak aux côtés de celui de la république française.

J’ai longuement réfléchi. Et, j’ai décidé de vous écrire parce qu’au-delà de la symbolique de la levée du drapeau kanak, je constate une ignorance criante de votre part sur l’organisation des instances coutumières locales.
Un paradoxe pour une élue, maire de surcroît, sensée connaître ses administrés et leur mode d’organisation même s’ils sont kanak.

Aussi, je vous informe que les instances coutumières du pays Cîrii comprennent les tribus suivantes : Ouatom, Kouma, Oui-point, Koindé, Petit-Couli, Grand-Couli et Sarraméa.

Ce pays Cîrii est sous l’autorité d’un Grand Chef, Bergé Kawa, qui était présent le mercredi 12 janvier 2011 comme vous l’avez pu constater.

Le Conseil de district Cîrii est présidé par Jean Paul Poiwi qui était, évidemment, également là.

Le clan Dao, propriétaire terrien du lieu même où est construite la mairie, était représenté par les familles Hanou, Poiwi, Fochi et Holéro qui le compose.

Quant à moi, mes interventions depuis le début pour le suivi de l’affaire sont légitimées par le fait que je suis porte parole du clan propriétaire terrien et membre du bureau du Conseil de district Cîrii.

Je précise également que le sénateur coutumier de l’aire, Jean Kaÿs, était présent et le président du Conseil d’aire Xaracùù était, quant à lui, représenté.

Contrairement à vos dires, Monsieur Roger Médiara, président du Conseil des Anciens de Oui-point était bien présent avec nous.

Ainsi, je considère que les instances coutumières de la région étaient bien représentées accompagnées des populations des différentes tribus contrairement à vos affirmations médiatiques.
Encore une fois, je déplore votre refus de lever le drapeau kanak aux côtés de celui de la république française ainsi que les propos que vous avez tenus à la presse.
Ceci engendre déjà une détérioration du climat entre les coutumiers dont je fais partie et la mairie.

Je souhaite vivement que votre conseil municipal réexamine sa position sur le sujet afin que nos relations redeviennent normales ; condition indispensable à la construction du destin commun.

Je vous prie de croire, madame, à l’assurance de mes salutations distinguées.

Holéro Patrick

jeudi 20 janvier 2011

Jean Paul Poiwi, président du conseil de district de Cîrii, répond à la Madame le maire de La Foa...

(Photo Madoÿ: Jean Paul Poiwi en tee shirt noir, en arrière plan, après interview avec un journaliste de RFO NC)

En réponse à la mairesse de La Foa, JP Poiwi, le président du Conseil de district Cîrii, ecrit un courrier le 19 janvier 2011.
Lecture...

Madame le maire,

Par courrier du 12 janvier 2011, vous avez souhaité m’expliquer pourquoi vous n’avez pas jugé utile d’accepter que la délégation que je conduisais procède à la levée du drapeau identitaire kanak.

Tout d’abord, permettez-moi de vous rappeler que je vous ai adressé un courrier le 13 septembre 2010 vous sollicitant une rencontre pour la levée des drapeaux. N’ayant pas de réaction de votre part, j’ai décidé de vous envoyer un second courrier le 27 décembre 2010 vous informant du choix de la date du 12 janvier 2011 pour réaliser le geste symbolique.

Néanmoins, j’ai bien noté vos arguments qui semblent faire abstraction du fait que le premier ministre de la République française, Monsieur François Fillon est venu en personne à Nouméa pour procéder de la manière la plus officielle au haut-commissariat à la levée de ce drapeau aux côtés du drapeau français.

Je tiens à vous rappeler en outre que, selon l’article 5 de la loi organique modifiée du 19 mars 1999, les communes de Nouvelle Calédonie sont des collectivités territoriales de la République et que, dans ce domaine, le maire n’agit pas en qualité d’exécutif de la commune mais comme agent de l’Etat.

Je constate donc, et c’est tout à fait paradoxal, qu’un maire refuse d’appliquer les instructions de l’Etat en prétextant un vœu du conseil municipal, considéré pour la circonstance, comme un acte démocratique qu’il faut respecter, alors qu’il ne s’agit en fait que d’une prise de position politique. Le fait que je sois présent ou pas lors de cette séance du conseil municipal ne change absolument rien à cette situation et je n’ai pas de leçon de démocratie à recevoir d’une élue qui se considère «loyaliste» mais refuse d’appliquer les instructions de l’Etat.

De la même manière, vous tentez d’argumenter votre refus de lever le drapeau kanak en soulignant «des gens de Sarraméa…ainsi que des gens d’ailleurs…», par contre ceux de La Foa qui m’accompagnaient étaient à vos yeux «peu nombreux».

Vous devriez savoir, Madame le maire, si vous vous intéressiez davantage à la culture kanak, que les aires coutumières ne reflètent en rien les limites territoriales administratives et que les liens entre clans dépassent très largement le territoire de la commune de La Foa. C’est d’ailleurs pourquoi l’Accord de Nouméa indique dans son point 1.2.2 «…les limites communales devraient pouvoir tenir compte des limites des aires coutumières.»

Votre observation sur «les gens d’ailleurs» manifeste en outre un profond mépris pour la population kanak et son histoire. On peut en effet être «d’ailleurs» comme vous le dites, tout en ayant ses origines à La Foa, l’histoire coloniale mouvementée de la Nouvelle-Calédonie étant à l’origine de nombreuses spoliations foncières et déportations de populations. Mais surtout la remarque sur les «gens d’ailleurs» est déplacée de la part de quelqu’un qui à été «parachuté» à La Foa. A cet égard, je ne crois pas me souvenir, lorsque vous vous êtes présentée aux élections municipales, que quelqu’un vous ai demandé si vous étiez d’ailleurs.

Je vous invite donc, vous qui parlez beaucoup de respect dans votre courrier, à manifester un minimum de respect envers les populations kanak de l’endroit qui bénéficient d’une légitimité historique à la quelle vous ne pouvez pas prétendre.

Sur la question du drapeau, vous considérez que j’ai «toujours défendu, jusqu’à une période très récente, le drapeau français» ce qui est lourd de sous entendu et laisse entendre un ralliement tardif à la cause indépendantiste. Là encore, Madame le maire je suis au regret de constater la lourde incompréhension qui anime vos propos. Croyez vous raisonnablement que le premier ministre de la République française soit devenu indépendantiste ? Non bien entendu.

Le fait de hisser le drapeau kanak ne signifie pas l’exclusion du drapeau français puisque les deux drapeaux flottent côte à côte, il ne s’agit donc que de la reconnaissance de deux légitimités et rien d’autre.

Le fait que le drapeau kanak ne flotte pas encore à la tribu de Ouatom ne signifie pas qu’il n’y flottera pas prochainement, mais surtout cela n’a pas la même signification que s’il flotte sur un édifice public de la République.

Enfin je suis assez surpris du ton adopté par le maire d’une commune qui doit limiter son rôle aux affaires communales et non aux questions d’ordre politique. C’est notamment le cas lorsque vous prétendez expliquer aux indépendantistes «qu’ils doivent comprendre que se replier dans les limite de leur identité propre n’est pas porteur d’avenir pour notre pays.»

Croyez bien que les indépendantistes n’ont pas besoin des conseils du maire de La Foa, récemment élue et au parcours politique qui singulièrement dépourvue de références, pour déterminer la ligne politique à suivre pour l’avenir du pays.

En tout état de cause, les kanak de Nouvelle Calédonie ne sont ni les Maoris de Nouvelle Zélande, ni les Aborigènes d’Australie. Admettez donc que ça nous laisse quelques marges de manœuvre pour déterminer ce qui est porteur ou pas d’avenir.

Comme vous le savez la question du drapeau commun n’a toujours pas abouti depuis 1998, année de signature de l’Accord de Nouméa. Forte de cette incapacité à élaborer un drapeau commun, la moins mauvaise solution était de reconnaitre le drapeau kanak aux côtés du drapeau français.

Bien sûr, il s’agit d’un drapeau de lutte, mais croyez vous que le drapeau Corse ne soit pas un drapeau de lutte. Croyez vous que le drapeau français au nom duquel sont morts des millions de personnes ne soit pas un drapeau de lutte ?

Je considère que vos arguments sont irrecevables et que vous vous placez à contre courant de l’histoire.

Je constate, Madame le maire que, contrairement aux usages républicains et aux règles élémentaires de courtoisies, vous n’utilisez pas de formule de politesse à la fin de votre lettre, pourtant écrite sur du papier à en-tête de la mairie de La Foa. C’est regrettable et cela confirme le manque de considération que vous manifestez à l’égard de vos interlocuteurs.

Pour ma par je reste attaché au respect de certains principes et je vous prie de croire Madame le maire à l’assurance de mes salutations distinguées. Formule sans doute tombée en désuétude à la mairie de La Foa depuis.

POIWI Jean Paul